Montréal accorde un contrat à SNC-Lavalin mais surveille les accusations
Montréal a accordé un contrat à SNC-Lavalin malgré les accusations criminelles portées contre la firme, mais la Ville dit rester aux aguets.
Mercredi, les élus du comité exécutif de la Ville de Montréal ont choisi de conserver leur confiance envers la firme SNC-Lavalin en autorisant une entente-cadre pour la fourniture de services professionnels pour une durée de deux ans. Ce contrat d’une valeur de près de 3M$ est accordé dans le cadre du programme de planage et revêtement du Service des infrastructures.
SNC-Lavalin fait toutefois face des chefs d’accusation de corruption et de fraude, déposés par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au début du mois de février, dans le cadre de ses activités commerciales en Libye.
«Il faut aller de l’avant et on est tout à fait à l’aise avec cette soumission», a fait part Lionel Perez, responsable des infrastructures au comité exécutif.
Il a rappelé qu’actuellement SNC détient toujours son autorisation de l’Autorité des marchés financiers (AMF), ce qui lui permet de continuer de soumissionner aux appels d’offres de la Ville de Montréal et du gouvernement du Québec. Les sociétés condamnées perdent toutefois le droit de soumissionner sur des appels d’offres du gouvernement canadien, en vertu de la Loi sur la corruption d’agents publics étrangers.
M. Perez et le maire de Montréal, Denis Coderre, surveillent toutefois la situation de près, disent-il. «On sait tous que SNC a reçu des accusations criminelles contre elle. Il y a eu des discussions avec le gouvernement du Québec, avec l’AMF, pour s’assurer de l’évolution de cette situation qui affecte ce contrat, mais aussi plusieurs autres contrats», a avoué M. Perez.
Il rappelle que l’octroi de ce contrat entraîne des répercussions économiques considérables. «On parle de dizaine de milliers d’emplois. On parle d’une connaissance de génie à Montréal. C’est juste une question de trouver un équilibre pour s’assurer de l’intérêt de tous les Montréalais», a souligné M. Perez.
L’opposition officielle à la Ville de Montréal a maintes fois critiqué l’octroi de ces contrats pour services professionnels qui, disent ces élus, appauvrit l’expertise interne et rend la Ville plus vulnérable à la fraude. Or, M. Perez a souligné mercredi que ces services ne sont qu’un appui aux représentants de la Ville qui assurent la gestion. «On veut s’assurer qu’on a la maîtrise d’œuvre du chantier, pour les postes névralgiques et les fonctions stratégiques», a-t-il expliqué.
M. Perez a dit souhaiter que l’adoption du projet de loi 26, qui permettra aux Villes et au gouvernement de récupérer les sommes perdues à la suite de fraude dans des contrats publics, se fasse rapidement.