Meurtre de Samantha Higgins: Fontanelli n’a toujours pas d’avocat
Près de six mois après son arrestation, Nicholas Fontanelli, qui est accusé de meurtre prémédité de sa conjointe Samantha Higgins, et d’outrage à un cadavre, n’a toujours pas trouvé d’avocat pour le défendre.
C’est ce qu’il a déclaré lors de son passage devant la juge Sylvie Durand de la Cour du Québec le 5 janvier au palais de justice de Montréal.
L’homme de 22 ans a été arrêté par la Sûreté du Québec à son domicile de la rue David-Boyer de LaSalle le 13 juillet dernier, une semaine après la disparition de la jeune mère. Le suspect a demandé un délai jusqu’à la fin de février pour trouver un avocat, ce à quoi s’est objectée la Procureure de la Couronne, Me Catherine Perreault. Sa prochaine comparution est prévue pour le 8 février.
Conflit d’intérêt possible
Nicholas Fontanelli est forcé de se trouver un nouvel avocat pour le défendre en raison d’une demande soulevée le 29 octobre dernier par un avocat de la Couronne. Me Louis Bouthillier craignait un conflit d’intérêts, puisque l’avocat qui représentait Fontanelli, Me Jean-Marc Tremblay, a déjà travaillé pour un membre de la famille de l’accusé lors de litiges judiciaires il y a quelques années.
Un juge ne peut lui imposer un avocat. «Il faut vraiment que ce soit l’accusé qui choisisse son avocat. Dans une cause de meurtre, le juge va attendre, mais ne laissera pas aller ça pendant trois ans si l’accusé étire le temps inutilement», explique Me Danielle Roy, présidente de l’Association des avocats de la défense de Montréal.
Elle ajoute que d’autres délais sont possibles avec l’arrivée d’un nouvel avocat qui devra se familiariser avec l’ensemble du dossier complexe.
Triste rappel
Disparue dans la nuit du 6 juillet dernier, Samantha Higgins, 22 ans, a connu une fin terrible. Son corps démembré a été retrouvé 72 heures plus tard, dans un secteur isolé de Hinchinbrooke, à plus de 70 kilomètres de LaSalle, près de la frontière américaine. Le corps mutilé se trouvait dans un sac à poubelles, dissimulé sous un ponceau.
Le couple se connaissait depuis sept ans, était fiancé depuis peu et avait deux jeunes enfants.
Lors des comparutions de Fontanelli au palais de justice, des membres de la famille Higgins et des amis portent des chandails noirs avec le slogan «Justice for Samantha». La victime a grandi dans Pointe-Saint-Charles et sa famille habite toujours ce secteur.
S’il est reconnu coupable, Nicholas Fontanelli est passible de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.