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Laïcité: Legault ne croit «pas vraiment» que l’intimidation ou le harcèlement augmentent

François Legault
François Legault Photo: La Presse canadienne

Dans une entrevue donnée à CBC Montréal jeudi matin, le premier ministre François Legault a affirmé qu’il ne croyait «pas vraiment» les témoignages de personnes se disant victimes de davantage d’harcèlement, d’intimidation et d’attaques depuis le début du débat entourant le projet de loi sur la laïcité de l’État.

L’animatrice Ainslie MacEllan a cité une étude et des témoignages indiquant que les cas de harcèlement contre les minorités religieuses augmentent. Lorsqu’elle lui a demandé s’il y croyait, il a répondu «Not really» en anglais.

Appelée à réagir, l’attachée de presse au cabinet de M. Legault, Nadia Talbot, a été catégorique. «Nous rejetons les accusations affirmant que la loi 21 sur la laïcité de l’État entraine une augmentation de l’intimidation et du harcèlement faite à l’égard des minorités religieuses», a-t-elle indiqué à Métro.

«Il est légitime pour le Québec de fixer des règles claires pour tous, après plus de 11 ans de débats sur le sujet. La loi vise tous les signes religieux, et donc ne pointe pas une religion en particulier», a-t-elle ajouté.

«Nous avons dit à plusieurs reprises que la loi sur la laïcité de l’État en est une modérée  et se restreint à seulement certains employés en position d’autorité tels que les policiers, les juges, les gardiens de prison et les enseignants. Le Québec est un État ouvert, inclusif et accueillant et il faut dénoncer fermement tout acte de violence à l’égard de communautés culturelles ou de minorité religieuses.» -Nadia Talbot

«Si une agente de police porte un hijab et arrête une personne juive, est-ce qu’il y a une apparence de neutralité?», s’est notamment questionné le premier ministre en ondes, martelant que son projet de loi «est juste et raisonnable».

«Je pense que c’est l’opposé. Quand on regarde ce qui se passe aux États-Unis, où il n’y a pas ce genre de cadre, il y a de l’extrémisme, même des commentaires du président. Si on veut éviter l’extrémisme, il faut un cadre. Et ce cadre est modéré. Pour 99% des emplois au Québec, vous pouvez porter un kippa ou un hijab.» -François Legault

D’après le premier ministre, le fait que 80% des Québécois soutiennent le projet de loi doit justement justifier son application. «Il faut faire face à la réalité, soutient-il. Si on ne donne pas aux Québécois ce qu’ils veulent, alors vous avez un vrai risque d’aller vers l’extrême.»

M. Legault a aussi certifié qu’il avait parlé à quelques reprises de ce débat avec des musulmans portant des symboles religieux.

«Ils comprennent que nous devons établir un cadre, envisage-t-il. Très souvent, ils ont peur de l’extrémisme, parce qu’ils ont quitté leur pays à cause de l’extrémisme. Ils se disent qu’au Québec, les gens sont accueillants […]. Moi, je déteste le racisme, je déteste les gens qui n’acceptent pas les différences.»

«En mettant ce cadre-là, on s’assure que les gens vraiment racistes – ceux qui demandent dans la rue à des personnes portant des signes religieux de quitter le pays –, comprennent que non, ils sont dans l’erreur», a dit M. Legault

«Pourquoi Jean Charest, il y a 11 ans, a commandé la commission Bouchard-Taylor? Parce que chaque mois, on a des accomodements raisonnables qui sont demandés à quelque part à cause des signes religieux», insiste-t-il également, appelant à légiférer «une fois pour toutes».

Disant vouloir «tourner la page», le premier ministre a aussi souligné que des cadres légaux similaires sont déjà en cours en France, en Belgique, en Suisse et en Allemagne.

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