Soutenez

La CAQ veut créer un poste de super commissaire

QUÉBEC – La Coalition avenir Québec (CAQ) souhaite créer un nouveau poste de super commissaire à la lutte à la corruption qui pourrait amorcer des enquêtes à la demande des élus.

Le chef caquiste François Legault a annoncé jeudi le dépôt prochain d’un projet de loi à ce sujet, pour créer le poste de Commissaire à l’intégrité politique et administrative (CIPA).

Cette nouvelle fonction regrouperait l’Unité permanente anticorruption (UPAC), le commissaire au lobbyisme ainsi que le commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale.

Le titulaire de cette fonction serait d’ailleurs nommé par les parlementaires à la suite d’une résolution adoptée à l’Assemblée nationale, de manière à garantir son indépendance, a déclaré M. Legault dans un point de presse.

«Il y a nécessité, à notre avis, que l’UPAC soit indépendante, a-t-il dit. Deuxièmement, on pense que c’est une bonne idée de coordonner le travail de tout le monde. Ça n’a pas de bon sens que, d’un côté, quelqu’un travaille sur l’éthique, que l’autre travaille sur le lobbyisme, puis que la police travaille sur son côté.»

Actuellement, seuls le commissaire au lobbyisme et le commissaire à l’éthique sont nommés par l’Assemblée nationale.

Pour le député de Saint-Jérôme, Jacques Duchesneau, le fait que le commissaire de l’UPAC relève du ministre de la Sécurité publique ouvre la porte à des dérives.

«Du fait de se rapporter directement à un ministre, il y a un conflit d’intérêts qui peut se pointer», a-t-il dit.

Le budget cumulé des trois entités s’élève à 33,5 millions $. Selon la CAQ, leur fusion n’engendrerait pas de dépenses supplémentaires mais générerait plutôt des économies.

M. Duchesneau a affirmé que les rapports du CIPA seraient entendus en commission parlementaire. Les députés pourraient aussi lui confier des mandats d’enquête, a indiqué M. Duchesneau.

«Il faut que les élus à l’Assemblée nationale aient un pouvoir justement pour guider», a-t-il dit.

M. Duchesneau a donné l’exemple des contrats informatiques du gouvernement, dont le processus d’octroi a soulevé des questions de la part du vérificateur général.

«On voudrait que quand on a un dossier comme celui-là, non seulement qu’on reçoive des nouvelles du commissaire, mais qu’on donne aussi des mandats, a-t-il dit. Pas pour aller faire l’enquête nous-mêmes, mais pour dire: on est préoccupés que des milliards soient dépensés et on n’est pas sûrs qu’on en a pour notre argent.»

M. Duchesneau s’est défendu de vouloir donner aux élus un outil pour embarrasser leurs adversaires, plaidant que la commission parlementaire serait composée d’élus de tous les partis.

«Non, mais c’est multipartite», s’est-il contenté de répondre.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.