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La carte électorale actuelle est inéquitable et désuète, dit le DGE

QUEBEC – La carte électorale actuelle, « inéquitable et désuète », devra être modifiée avant le prochain rendez-vous électoral, prévient le directeur général des élections (DGE).

Alors que s’amorce la campagne qui mènera au scrutin du 8 décembre, Marcel Blanchet a témoigné jeudi sa vive déception à l’égard des élus qui ont ralenti le processus de révision de la carte, devant augmenter le poids politique des populeuses banlieues montréalaises au détriment de certaines circonscriptions rurales.

La proposition de la commission de la représentation électorale, dévoilée en mars dernier, aurait entraîné la disparition des circonscriptions de Gaspé, Kamouraska-Témiscouata et Beauce-Nord, et la création de trois nouvelles dans les secteurs de Laval, des Laurentides et de la Montérégie.

Toutefois, la commission de l’Assemblée nationale n’a jamais convoqué M. Blanchet pour y donner suite et la proposition est demeurée lettre morte.

« Dans Gaspé, il y a 27 000 électeurs alors que dans Masson (sur la Rive-Nord de Montréal), il y en a 60 000, donc il faut vraiment corriger cette situation-là. Notre projet de carte corrige énormément d’iniquités et est beaucoup plus juste pour l’ensemble des citoyens », a martelé Marcel Blanchet en conférence de presse, jeudi.

Après avoir dévoilé sa proposition de révision en mars, le DGE avait retardé la tenue d’une consultation populaire à la demande des parlementaires des trois partis politiques, qui disaient chercher à atteindre un consensus sur la question.

Le ministre de la Réforme des institutions démocratiques, Benoît Pelletier, avait alors écarté le scénario soumis, en soutenant avoir entendu les craintes des régions éloignées visées par la diminution possible de leur nombre de députés.

Finalement, la tournée de consultations a été effectuée, mais les parlementaires n’ont pas convoqué M. Blanchet cet automne pour que le processus puisse suivre son cours.

Visiblement irrité, le DGE a indiqué jeudi qu’il est impensable qu’une autre élection soit tenue sur la base de l’actuelle carte électorale qu’il qualifie de désuète.

« Malheureusement, c’est inévitable », a-t-il lancé à propos de la disparition de comtés ruraux du Québec, conscient qu’il s’agit d’une décision impopulaire en région.

« On ne fera pas l’unanimité, mais on doit apporter une amélioration importante par rapport à la carte actuelle », a affirmé M. Blanchet, qui dit avoir tenu compte de la densité de population et de la configuration des régions dans sa proposition de mars dernier.

Ce scénario, qui a fait l’objet de quelques modifications mineures au terme de la consultation, devra traverser plusieurs obstacles avant d’être éventuellement appliqué.

Il devra d’abord être expliqué par le DGE devant la commission de l’Assemblée nationale, lorsque les travaux parlementaires reprendront leurs cours, probablement seulement en 2009.

La procédure prévoit ensuite la tenue d’un débat parlementaire de cinq heures, après le dépôt de la version révisée.

La commission de la représentation électorale pourrait alors adopter la nouvelle carte électorale dans les 10 jours suivants.

Et encore là, en bout de course, les élus auraient le loisir de lui barrer la route à nouveau en modifiant la Loi électorale.

« Tout notre processus est bloqué en attendant notre audition devant la commission de l’Assemblée nationale, pour l’instant », a conclu M. Blanchet.

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