L’interdiction des produits du tabac aromatisés réclamée
Le gouvernement du Québec doit légiférer pour interdire les arômes artificiels dans les produits du tabac, presse le Réseau du sport étudiant du Québec.
«Ces produits sont souvent la porte d’entrée à l’initiation du tabac pour les jeunes. [Ils] ont l’air d’être presque inoffensifs parce qu’ils goûtent la cerise, la pomme ou le chocolat. Alors, on se méfie moins», a expliqué, jeudi, le responsable des programmes sur les saines habitudes de vie du RSEQ, Philippe Jacques.
Près du quart des jeunes Québécois ont découvert les produits du tabac par ceux qui ont une valeur ajoutée, indique un sondage Léger mené pour le compte du RSEQ. Ces produits devraient proscrits, d’après 62% des jeunes interrogés.
Trois capsules vidéos ont été mises en ligne jeudi par le RSEQ pour inciter les jeunes à se méfier des stratégies marketing de l’industrie du tabac. L’acteur Réal Bossé y joue le rôle d’un représentant de l’industrie du tabac qui cherche une façon d’augmenter le nombre de jeunes fumeurs. «Faut bien remplacer nos clients. Y meurent !» répond-t-il à un sceptique, aussi joué par M. Bossé.
[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=IOsyoU-xJt8&w=630&h=354]
La loi sur le tabac a été examinée au mois d’août par la commission parlementaire de la santé et des services à Québec. Elle doit remettre des recommandations «sous peu» au ministre de la Santé, Réjean Hébert, qui déposera ensuite une projet de réforme. Son attachée de presse, Ariane Lareau, a indiqué à Métro que le ministre «veut avoir un portrait globale» des enjeux du tabac avant de prendre une décision. La réforme de cette loi n’aura lieu seulement qu’en 2014.
Le RSEQ a déposé un mémoire à la commission parlementaire pour réclamer l’interdiction des produits aromatisés, mais aussi l’obligation de proposer des emballages neutres par l’industrie du tabac et un moratoire sur les nouveaux produits.
Pour Flory Doucas, la codirectrice de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, il y a urgence d’agir. «Les produits aromatisés sont l’exemple parfait que la loi sur le tabac est désuète», a-t-elle dit. Aucune disposition n’y est incluse concernant les produits ayant une saveur particulière.
Lors de sa dernière révision, en 2005, l’ancien ministre de la Santé, Philippe Couillard, n’avait pas cru nécessaire d’encadrer la vente des petits cigares aromatisés. C’est qu’à l’époque, ils venaient tout juste de faire leur arrivée sur le marché, se souvient Mme Doucas. Depuis, les produits du tabac aromatisés se sont multipliés, tels le tabac à chiquer ou la pipe à eau.
Seule la loi fédérale sur le tabac donne des limites. Elle stipule que les cigarillos pesant au plus 1,4 gramme ne peuvent pas être aromatisés. «L’industrie a fignolé leur produit pour qu’il pèse 1,42 ou 1,43 grammes et qu’il échappe à la loi. Ce ne sont pas des cigarillos, ce sont des petits cigares», a rapporté Flory Doucas. Cette dernière ne s’attend pas à ce que le gouvernement fédéral modifie sa législation, malgré toutes les représentations qui ont été faites auprès de lui.