Les travailleuses domestiques revendiquent leurs droits
La Coalition «la CSST pour les travailleuses et travailleurs domestiques» a dénoncé dimanche le silence de la ministre du Travail, Lise Thériault, au sujet du droit de ces travailleurs (majoritairement des femmes) à être couverts automatiquement par la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP).
«Le gouvernement Charest semble insensible aux droits des travailleuses domestiques, a déclaré Louise Mercier, vice-présidente de la Fédération des travailleurs du Québec. Ce n’est pas parce qu’elles travaillent dans une maison qu’elles ne travaillent pas. Rien ne justifie qu’elles ne soient pas admises à LATMP.»
Mme Mercier est aussi surprise du silence de la ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre. «Elle est censée représenter toutes les femmes du Québec; je l’invite à parler», ajoute-t-elle.
Valérie Lavigne, porte-parole de la Coalition, a rappelé à la ministre que les travailleuses domestiques méritent la même protection qu’une autre travailleuse du Québec. Selon le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail, ces travailleuses sont confrontées à de nombreux dangers, notamment des problèmes respiratoires causés par des produits ménagers ou des problèmes causés par le stress et les longues heures de travail. Au Québec, environ 25 000 personnes sont travailleuses domestiques. Elles font le ménage ou gardent des enfants dans une maison privée.
Le 4 juin 2010, l’Assemblée nationale avait déposé un projet de loi disant que les travailleuses domestiques et les gardiennes allaient devoir travailler 24 heures ou plus par semaine pour bénéficier de la protection de la LATMP. Dénonçant le fait qu’il est facile pour un employeur d’engager deux domestiques pour une période de 20 heures chacune, ce projet de loi a été jugé discriminatoire par la Commission des droits de la personne. À l’automne 2010, Lise Thériault s’était engagée à revoir ce projet de loi et à prendre une décision à la mi-février. Aujourd’hui, la Coalition demande une réponse claire du gouvernement.