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Aliments: il y aurait 100 inspecteurs de moins

OTTAWA – Avec les compressions annoncées dans le dernier budget fédéral, il risque d’y avoir quelque 100 inspecteurs de moins pour s’assurer de la sécurité des aliments au pays, a estimé le syndicat qui les représente.

Il s’agirait d’une conséquence directe du budget du 29 mars qui amputait l’Agence canadienne d’inspection des aliments de 56 millions $ sur trois ans.

Les inspecteurs alimentaires ne seront pas les seuls touchés: au total, l’agence comptera 308 employés de moins, affirme le président du syndicat de l’agriculture de l’Alliance de la fonction publique, Bob Kingston.

Le chiffre de 100 inspecteurs est une estimation faite par le syndicat en tenant compte du nombre d’avis de perte d’emploi devant être envoyés mercredi aux inspecteurs et aux autres catégories d’employés.

Cela pourrait être plus, cela pourrait être moins, mais une chose est certaine, l’agence va perdre plus de 300 employés, a dit mercredi M. Kingston.

Selon lui, ces abolitions de postes annulent tous les ajouts d’employés survenus après la crise de la listériose qui avait affecté les viandes froides de marque Maple Leaf en 2008 et causé la mort d’une vingtaine de personnes au pays.

Le gouvernement sabre dans la salubrité des aliments à l’aveuglette, sans comprendre à quel point les conséquences seront graves, a déclaré M. Kingston.

«Ils (l’agence d’inspection des aliments) n’ont déjà pas assez de ressources», a-t-il déploré.

Il a souligné que le travail des inspecteurs et des autres employés de l’agence a un impact direct sur la sécurité des aliments consommés par les Canadiens.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) se dit révolté de la décision. Il estime que les Canadiens ne devraient pas avoir à se demander si les aliments qu’ils achètent tous les jours sont sécuritaires ou non.

Selon le député néo-démocrate Mathieu Ravignat, il s’agit d’un mauvais choix du gouvernement conservateur.

«Il (le gouvernement) investit des milliards dans des F-35 et des prisons et en même temps, la santé des Canadiens est en cause avec des coupures dans l’inspection des aliments», a-t-il dit.

Les libéraux aussi sont inquiets.

«Il ne devrait y avoir aucune tolérance pour le risque d’avoir des aliments contaminés», a déclaré le député Marc Garneau, en point de presse sur un autre sujet.

Il espère qu’il n’y aura pas une autre crise comme celle de la listériose avant que des changements ne soient apportés à l’agence fédérale.

Il n’a pas été possible de joindre l’agence mercredi pour obtenir des précisions sur les compressions en termes d’emplois et de services.

Un communiqué du ministre de l’Agriculture, Gerry Ritz, a toutefois été diffusé en fin d’après-midi.

«L’agence n’effectuera aucun changement qui risque de compromettre la santé et la sécurité des Canadiens», a promis le ministre, qui parle plutôt d’une réorganisation des services qui sera plus efficace, tout en étant moins coûteuse.

Il insiste que le gouvernement conservateur a été élu parce qu’il a promis de rétablir l’équilibre budgétaire. Selon M. Ritz, les économies réalisées seront équitables, équilibrées et modérées, en plus d’être étalées sur un certain nombre d’années.

«Il est impossible de faire ces compressions sans avoir un impact sur les services», avait déjà indiqué M. Kingston.

Dans le budget, le gouvernement avait annoncé des compressions des dépenses de l’État de 5,2 milliards $, ce qui devait se traduire notamment par l’élimination de 19 200 fonctionnaires.

Le document budgétaire de mars ne fournissait toutefois pas de détails sur quels employés seraient mis à pied et dans quels ministères.

Les néo-démocrates demandent aux conservateurs de revenir sur leur décision d’effectuer ces compressions.

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