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Denis Lebel promet de faire mentir les sondages

Conservative Leader Stephen Harper speaks about the Syrian refugee crisis during a campaign event in Surrey, B.C., Thursday, September 3, 2015. THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld Photo: Adrian Wyld / La Presse Canadienne

VICTORIAVILLE, Qc — Les candidats conservateurs du Québec minimisent l’érosion du soutien à leur parti dans les intentions de vote. Certains vont jusqu’à présenter les conservateurs comme les négligés de la course et prédire une «grosse surprise» le soir du vote.

En marge du discours de leur chef Stephen Harper, qui était de passage à Victoriaville vendredi matin pour une annonce en matière de lutte au terrorisme, ils ont tour à tour promis de faire mentir les sondages.

«Je sais qu’entre le message véhiculé et ce qu’on vit sur le terrain, il y a souvent des grandes différences. Je vous rappellerai que Mme (Pauline) Marois était majoritaire au Québec 30 jours avant la dernière élection», a illustré le lieutenant québécois de M. Harper, Denis Lebel.

Il a dit s’être «habitué» à être considéré comme négligé. «C’est ma quatrième campagne électorale, j’ai toujours eu le vent dans le visage, j’ai toujours eu les syndicats contre moi. (…) J’aurais jamais dû gagner une élection chez nous d’après les sondages des élections passées», a-t-il plaidé.

Son collègue Jacques Gourde a plaidé que les troupes conservatrices allaient causer une «grosse surprise» en remportant la victoire le 19 octobre. «Tout le monde dit qu’on est en troisième position; nous on dit qu’on est vraiment dans la course jusqu’à la fin», a-t-il fait valoir.

Même son de cloche du côté du candidat à la succession du député sortant Christian Paradis dans la circonscription de Mégantic—L’Érable, Luc Berthold.

«Les gens répondent très, très bien à ce qu’on fait, à la campagne. On est très, très contents du déroulement jusqu’à présent. (…) La campagne est longue, on s’attendait à ce qu’il y ait des hauts et des bas», a dit l’ancien maire de Thetford Mines.

Un sondage Ekos paru vendredi après-midi, qui place pour la première fois depuis le début de la campagne les conservateurs en position de tête avec 31,8 pour cent des intentions de vote, est venu donner raison à Denis Lebel.

Quelques jours auparavant, le Parti conservateur était en queue de peloton, glissant pour une première fois depuis la dissolution du Parlement sous la barre des 30 pour cent, selon un coup de sonde réalisé par Nanos Research pour le Globe and Mail et CTV News.

Stratège australien

Le bilan de santé de la campagne conservatrice fait l’objet de spéculations depuis que la gestion de l’organisatrice de la campagne, Jenni Byrne, a été critiquée par des sources conservatrices sous le couvert de l’anonymat.

Après qu’il eut été révélé cette semaine que la conseillère de longue date de Stephen Harper avait repris le chemin du «war room», à Ottawa, on a appris que les conservateurs avaient sollicité les conseils du stratège Lynton Crosby.

Le Parti conservateur bénéficie depuis un certain temps de l’expertise du conseiller aux tactiques controversées, qui a aidé le premier ministre britannique David Cameron à remporter ses élections en mai dernier avec une confortable majorité après une campagne difficile.

Selon une source conservatrice, M. Crosby conseille le parti depuis mars et se consacre surtout à l’analyse de sondages. Un autre conservateur a précisé que M. Harper avait rencontré l’Australien cet été et qu’il lui avait dit que sa préparation à la campagne et ses stratégies devaient être peaufinées.

En point de presse à Victoriaville, où les conservateurs espèrent réaliser un gain avec la candidature du maire Alain Rayes, le premier ministre sortant a refusé de commenter ce dossier, disant ne pas vouloir discuter des tactiques de son parti.

Stephen Harper a été plus loquace lorsqu’il a été question de terrorisme et de sécurité, qui sont pour lui des thèmes de prédilection.

En ce 41e jour de la campagne électorale, 14e anniversaire des événements du 11 septembre, il a encore une fois décrit son parti comme le seul capable de protéger les Canadiens contre les dangers du terrorisme et a reproché aux néo-démocrates et libéraux d’être trop timides, par conviction idéologique et rectitude politique.

M. Harper a promis le prolongement sur cinq ans d’un programme de recherche pour prévenir la radicalisation. Le projet Kanishka recevra 10 millions $ si le gouvernement conservateur est réélu le 19 octobre.

En marge de son annonce, il n’a cette fois pas eu à faire face à des questions sur la crise des réfugiés syriens, un enjeu qui s’est invité dans la campagne électorale fédérale et mis les conservateurs sur la défensive.

Partis d’opposition, gouvernements provinciaux, administrations municipales, anciens premiers ministres du Canada et du Québec et organisations humanitaires reprochent aux conservateurs de ne pas ouvrir les portes du pays à un plus grand nombre de ces gens qui fuient la guerre.

Mais cet enjeu ne figure pas parmi les principales préoccupations pour les électeurs — à tout le moins, pas pour ceux de la région du Lac-Saint-Jean, au dire du ministre sortant Denis Lebel.

«Je vous avoue que chez moi, j’en entends très peu parler. (…) On ne parle pas beaucoup au Lac-Saint-Jean de la question des migrants», a-t-il soutenu.

«J’ai visité 30 municipalités de mon comté cette semaine; on me parle pas mal plus d’industrie forestière, d’économie, de pain pis de beurre», a poursuivi M. Lebel.

En entrevue avec le Toronto Star, mercredi, l’un de ses collègues ontariens, Bal Gosal, a affirmé que les militants de sa circonscription «ne veulent pas d’eux (les réfugiés syriens)», et un autre a affirmé, sous le couvert de l’anonymat, que l’approche de Harper dans ce dossier consolidait la base conservatrice.

Leur collègue québécois Jacques Gourde a affirmé que ses commettants «préfèrent notre politique de prendre le temps d’accueillir les gens et les choisir», mais aussi qu’ils entretenaient certaines craintes à l’idée d’accueillir ces réfugiés.

«Je pense que c’est une crainte au niveau de la sécurité, on sait que ces gens-là viennent de pays en zone de guerre», a-t-il suggéré.

Lac-Mégantic

Interrogé sur la sécurité ferroviaire qui, selon les citoyens de la région, n’est toujours pas assurée lors de transport de matières dangereuses, M. Harper a dit que la tragédie du Lac-Mégantic était le résultat de gestes violant des règles — et ceux qui les ont posés sont devant les tribunaux, a-t-il fait valoir.

Le candidat Luc Berthold, qui espère garder le siège conservateur dans la circonscription où se trouve la petite municipalité, s’est porté à la défense des gestes posés par le gouvernement Harper depuis la catastrophe ferroviaire qui a fauché 47 vies en juillet 2013.

Il a soutenu que l’engagement de contribuer financièrement à la construction de la voie de contournement ferroviaire réclamée par Lac-Mégantic était «bien parti» car «les deux paliers de gouvernement ont déjà commencé la première étape de la voie de contournement, qui est une étude de faisabilité».

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