Les préoccupations des femmes dans la campagne
OTTAWA — Ce sont trois hommes qui mèneront, jeudi, le débat sur l’économie canadienne organisé par le quotidien «The Globe and Mail», mais les préoccupations des femmes — qui sont des joueuses-clés de la croissance économique — trouveront-elles écho dans ce débat?
Lors des élections en Grande-Bretagne, plus tôt cette année, les partis politiques se querellaient afin savoir lequel proposait les politiques les plus favorables aux femmes évoluant sur le marché du travail. Le premier ministre David Cameron a récemment réalisé l’une de ses promesses de doubler les services de garde gratuits pour les enfants de 3 et 4 ans à 30 heures par semaine et de combattre les disparités salariales entre hommes et femmes en forçant les employeurs à rendre public les feuilles de paye.
«Nous croyons que cela va encourager les femmes à investir le marché du travail», avait déclaré M. Cameron.
Aux États-Unis, le parti «Make It Work» demande aux Américains de n’appuyer que des candidats qui mettent les travailleurs au-devant de leurs priorités avec des enjeux comme des services de garde abordables, des congés de maternité payés et l’équité salariale.
La participation des femmes au marché du travail est vue comme un important moteur économique par le Fonds monétaire international (FMI), les Nations unies, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Au sommet du G20, les décideurs se sont mis d’accord pour réduire l’écart entre les taux d’activité des hommes et des femmes de 25 pour cent d’ici 2025.
«Accélérer la croissance, accroître les revenus globaux, réduire les inégalités et combattre la pauvreté: c’est pour ces raisons que la promesse de 2025 est aussi importante», avait déclaré Christine Lagarde, directrice générale du FMI, au sommet d’Ankara en Turquie, le 6 septembre dernier.
Mais la situation est plutôt inquiétante au Canada, où le taux de participation des femmes au marché du travail est en déclin, d’après Statistique Canada.
Le thème a été abordé à quelques reprises au cours de la présente campagne électorale fédérale.
C’est le chef du Nouveau parti démocratique (NPD) Thomas Mulcair qui a fait la promesse la plus prometteuse pour les femmes désirant faire carrière. Le NPD a en effet promis la mise en place d’un réseau national de garderie à 15 $ par jour s’il était porté au pouvoir le 19 octobre.
«Ce n’est pas juste bon pour les familles, avait souligné M. Mulcair le mois dernier. C’est également bon pour l’économie.»
De son côté, le chef libéral Justin Trudeau s’est engagé à favoriser le télétravail et a promis plus de flexibilité pour les parents se prévalant d’un congé parental. Les libéraux se sont également commis à offrir aux parents une allocation mensuelle plus généreuse pour les enfants.
«Mon engagement personnel de créer un cabinet fédéral paritaire hommes-femmes va démontrer que le Canada est sérieux dans son désir de valoriser et de créer des occasions pour les contributions exceptionnelles des femmes à notre économie et à notre pays», a lancé M. Trudeau mercredi, à Calgary.
Les conservateurs ont récemment augmenté l’allocation mensuelle versée aux parents par l’entremise de la Prestation universelle pour la garde d’enfants (PUGE) et ont augmenté la limite des crédits d’impôts pour les frais de garde. Le Parti conservateur a également prolongé le congé accordé aux aidants naturels de six semaines à six mois.
Mais le gouvernement a également adopté le fractionnement du revenu pour les familles ayant des enfants de moins de 18 ans. Selon le directeur parlementaire du budget et certains économistes, cette mesure n’incite pas le membre du couple ayant le plus faible revenu à poursuivre une carrière.