Harper justifie son emploi de «Canadiens de souche»
CALGARY — Au lendemain du débat à Calgary, Stephen Harper a dû se justifier d’avoir parlé de «Canadiens de vieille souche», en les opposant aux autres Canadiens.
Au cours du débat sur l’économie, jeudi soir, le chef conservateur défendait sa décision d’avoir limité l’accès aux soins de santé pour les demandeurs d’asile. Cette décision a d’ailleurs été jugée illégale par les tribunaux.
M. Harper a alors dit que ceux qui faisaient des demandes de statut de réfugié ne devraient pas recevoir de meilleurs soins de santé que les «Canadiens ordinaires». Il a ajouté que sa position recevait l’appui de la plupart des «nouveaux» Canadiens, des Canadiens «actuels» et des «Canadiens de vieille souche».
Vendredi matin, au cours du point de presse quotidien, on lui a demandé de mieux définir toutes ces catégories de Canadiens.
Il a alors rappelé le contexte de sa déclaration, répétant qu’il n’y avait aucune raison de donner une meilleure couverture médicale à des «faux réfugiés» qu’aux «Canadiens ordinaires». Puis, il a repris sa nomenclature des catégories de citoyens.
«C’est une position qui reçoit largement l’appui de la population canadienne. Elle est appuyée par les Canadiens qui sont eux-mêmes des immigrants et aussi par le reste d’entre nous, par les Canadiens qui sont des descendants d’immigrants depuis une génération ou plus», a dit M. Harper.
Promesses aux victimes d’actes criminels
Le chef conservateur était encore à Calgary, vendredi matin, pour y souligner les efforts de son gouvernement pour les victimes d’actes criminels.
Il s’est ainsi engagé à doubler le financement des Centres d’appui aux enfants et des Centres d’appui aux enfants et aux adolescents, qui coordonnent les enquêtes, les poursuites et le traitement en cas de crimes contre des enfants. Ils recevront ainsi 20 millions $ sur quatre ans, et les conservateurs ont également promis de commander des études sur l’impact de ces crimes sur les jeunes victimes, notamment.
M. Harper était à un rassemblement en compagnie de l’ancien joueur de hockey Sheldon Kennedy, devenu un grand défenseur des victimes après avoir révélé avoir été agressé sexuellement par son ancien entraîneur de hockey junior, Graham James.
«Vous auriez pu facilement vivre votre vie comme un homme qui a eu une carrière à succès dans notre sport national (…) Mais au lieu de cela, vous avez décidé de partager votre expérience, de dire aux gens ce qui en était vraiment pour évidemment gérer le cas de ce contrevenant, mais aussi pour corriger le système», a souligné le chef conservateur, un admirateur avoué de l’ancien athlète.
Le Centre d’appui aux enfants Sheldon Kennedy, mis sur pied par le gouvernement Harper, aide les enfants victimes d’agressions physiques et sexuelles et a été nommé en l’honneur du joueur de hockey.
Le premier ministre sortant a également réitéré son intention d’imposer des peines de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.
M. Kennedy a salué le travail de longue haleine effectué par le gouvernement Harper pour s’attaquer aux «torts invisibles» causés par ces crimes.
Plus tard vendredi, à Toronto, M. Harper a participé pendant un moment à une partie de hockey sur table avec la légende du hockey Wayne Gretzky et quelques enfants.
Le chef conservateur a ensuite interviewé Wayne Gretzky devant une foule de plusieurs centaines de partisans. La conversation a surtout porté sur le hockey — sauf à la fin.
«Je pense que vous avez été un premier ministre incroyable, vous avez été merveilleux pour le pays et vous avez été si aimable avec moi», a lancé l’ancien hockeyeur à M. Harper.
La foule a alors ovationné Wayne Gretzky.
«Et honnêtement, je ne vous souhaite rien d’autre que du succès, à vous et à votre famille. Je sais que vous avez à coeur le meilleur intérêt du pays.»