Niqab:les conservateurs vont trop loin, dit Trudeau
MONTRÉAL — La question du port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté et, plus largement, la question des droits des minorités religieuses a de nouveau été soulevée par le chef libéral fédéral Justin Trudeau, vendredi, en campagne électorale dans l’ouest de Montréal.
M. Trudeau a carrément reproché au chef conservateur et premier ministre sortant Stephen Harper de vouloir empêcher une femme de voter en voulant faire renverser la décision à ce sujet devant la Cour suprême du pays. En fait, les conservateurs souhaitent la suspension du jugement déjà prononcé en faveur de la femme qui désire porter son niqab lors de la cérémonie de citoyenneté, en attendant le jugement de la Cour suprême.
«M. Harper est toujours en train de miser sur la peur et la division dans son approche. Il choisit toujours de diviser les Canadiens plutôt que de rassembler; il crée des peurs. Il souligne les différences plutôt que de démontrer qu’on est là pour défendre les droits des minorités et cette société extraordinaire, forte, pas en dépit de ses différences mais à cause de ses différences», s’est exclamé M. Trudeau.
Il a dénoncé le fait que les conservateurs étaient prêts à aller bien loin, selon lui, pour empêcher une seule femme de voter. «Aller jusqu’où ils vont, aujourd’hui, pour essayer d’empêcher une seule femme de pouvoir voter contre M. Harper, le 19 octobre, est réellement désolant», a-t-il lancé, affirmant que le gouvernement sortant avait aussi modifié les règles pour compliquer le vote des jeunes, par exemple, qui traditionnellement ne votent pas conservateur.
Il a réitéré que s’il était élu le 19 octobre, il ne poursuivrait pas cette requête en appel du jugement.
Sur un autre plan, la question des négociations sur le Partenariat transpacifique a également été abordée au cours de sa rencontre avec la presse. Le premier ministre a affirmé, lors du débat de jeudi soir, qu’il était normal de devoir faire des compromis lors de telles négociations, préparant le terrain à ce que le Canada doive en faire.
Certaines industries, comme celle de l’agriculture, craignent que le Canada fasse des concessions au chapitre de la gestion de l’offre, par exemple. L’industrie des pièces automobiles, également, nourrit des craintes au sujet de ce futur accord.
Interrogé à ce sujet, le chef libéral ne s’est pas prononcé sur le fond. Il a toutefois reproché au gouvernement sortant de négocier dans le secret, sans trop faire connaître ses priorités, ses orientations.
«Qu’on apprenne ça dans un débat de façon un peu aléatoire, qu’il sorte les enjeux de ces négociations, ce n’est pas du tout normal, ce n’est pas du tout responsable. Un gouvernement se doit de faire preuve de transparence, de faire preuve d’ouverture. Oui, les accords internationaux sont importants, mais nous avons besoin d’avoir de la clarté, nous avons besoin de savoir sur quoi le gouvernement va nous défendre et où ils sont ouverts à améliorer les conditions ou les négociations pour avoir un accord. La réalité, c’est qu’on ne sait pas ce que ce gouvernement est en train de faire, parce qu’encore une fois, il préfère tout faire dans le secret et l’opacité», a blâmé M. Trudeau.
Le chef libéral a ainsi rencontré la presse sur le site d’un transporteur aérien, à proximité de l’aéroport Pierre Elliott Trudeau, qui porte le nom de son père. Il était entouré de plusieurs militants qui avaient été emmenés là dans des autobus d’écoliers, le temps de la rencontre de presse.