Politique de l’immigration: Québec mise sur la main d’oeuvre
Dans sa première nouvelle politique en matière d’immigration depuis 25 ans, Québec mise sur la sélection de candidats pour combler les besoins de main d’oeuvre dans la province et sur la reconnaissance des compétences des nouveaux arrivants.
La ministre de l’Immigration du Québec, Kathleen Weil, a dévoilé lundi un plan d’action qui doit faciliter l’arrivée de candidats possédant des compétences qui sauront subvenir aux besoins du marché.
Son objectif est de réduire le temps d’attente pour ces personnes de 3 à 6 mois. Cela devrait permettre aux nouveaux arrivants de mieux combler les besoins du marché ciblés par Emploi Québec. À l’heure actuelle, ce délai peut atteindre de 1 à 4 ans, et les besoins peuvent évoluer avant qu’ils n’arrivent, a-t-elle avancé.
La ministre a expliqué que 1,4 million de postes seront vacants au Québec d’ici 2022, dont 81% dû aux départs à la retraite. Selon elle, le Québec devra compter sur sa politique d’immigration pour combler certains postes dans un contexte de vieillissement de la population.
Mme Weil a aussi annoncé la mise en place de mesures visant à favoriser la reconnaissance des compétences des nouveaux arrivants. La non-reconnaissance se traduit par une « perte énorme » pour le Québec, selon elle.
Québec cherchera aussi à encourager les étudiants étrangers et travailleurs temporaires à rester de façon permanente. Mme Weil a affirmé vouloir s’inspirer du modèle néozélandais, qui réussi à retenir quelque 90% d’entre eux, alors qu’au Québec, ce taux atteint 20%.
«Ces personnes connaissent bien le Québec, ont déjà une connaissance du français, et le processus d’intégration est bien amorcé. Ils sont des candidats de choix à l’immigration permanente», a-t-elle déclaré en point de presse.
La ministre de l’Immigration du Québec, Kathleen Weil, n’était pas en mesure de dire si Québec allait augmenter sa cible d’accueil de nouveaux immigrants, qui est présentement à 50 000 personnes par année. Par contre, le document remis aux médias au moment de l’annonce affirme qu’une cible de 60 000 immigrants par année permettrait de combler ses besoins de main d’œuvre.
Le plan est assorti d’un budget de 42,5M$ et s’échelonnera sur 5 ans.