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The Infiltrator: sympathiser avec le diable

TI_DAY03_LD_026.NEF Photo: Liam Daniel/Collaboration spéciale

Benjamin Bratt joue le méchant dans The Infiltrator, mais il a voulu donner une humanité à celui-ci.

Benjamin Bratt était un peu inquiet à l’idée de jouer dans The Infiltrator. Le film raconte une des plus grandes vagues d’arrestations de l’histoire des forces de l’ordre, alors qu’une équipe d’agents fédéraux menée par l’agent travaillant sous couverture Robert Mazur (Bryan Cranston) a réussi à infiltrer une cellule du cartel de trafic de drogue de Pablo Escobar. L’opération a mené à l’arrestation de dizaines d’employés de ce dernier d’un seul coup. Bratt joue Roberto Alcaino, un des hommes de confiance d’Escobar, de qui Mazur s’était rapproché. Ils étaient devenus amis.

C’est quand même fou que cette histoire n’ait pas fait plus tôt l’objet d’un film.
Ce que j’ai trouvé remarquable quand j’ai lu le livre [les mémoires de Robert Mazur, The Infiltrator: My Secret Life Inside the Dirty Banks Behind Pablo Escobar’s Medellín Cartel, parues en 2009], c’est à quel point cette histoire est cinématographique, au point qu’elle a l’air arrangée avec le gars des vues. Même la façon dont ils capturent, arrêtent et condamnent les quelque 85 criminels ressemble plus à une scène de film qu’à quelque chose qui s’est réellement produit.

Ça n’avait peut-être pas été fait avant parce qu’on craignait de faire un film sur des gens dangereux qui ne veulent pas forcément que cette histoire soit racontée.
Ç’a certainement été considéré. Quand on se rend si loin dans une infiltration, on croise le chemin de gens très dangereux, qui ont une influence étendue. Ils sont toujours vivants et toujours aussi dangereux qu’à l’époque. Je crois qu’il y a eu une réflexion quant à savoir si c’était une bonne idée d’en faire un film. J’ai aussi eu une réflexion personnelle avant d’accepter le rôle.

NEW YORK, NY - JULY 13: Benjamin Bratt attends the AOL Build Speaker Series - Benjamin Bratt and Brad Furman, "The Infiltrator" at AOL HQ on July 13, 2016 in New York City. (Photo by Theo Wargo/Getty Images) at AOL HQ on July 13, 2016 in New York City. (Photo by Theo Wargo/Getty Images)

«Bob Mazur n’est pas un acteur, mais il a dû jouer un rôle dans lequel il n’avait pas droit à l’erreur, sous peine d’être tué. Notre métier est facile en comparaison. On a droit à une deuxième prise.» – Benjamin Bratt, au sujet du personnage joué par Bryan Cranston dans The Infiltrator, un agent qui a infiltré le cartel de Pablo Escobar.

Vous le rendez humain, par contre. Vous n’en avez pas fait un stéréotype de méchant.
C’était l’occasion rêvée de jouer quelqu’un de multidimensionnel, de complexe, et possédant plusieurs qualités que j’admire. C’est un homme de principes, intègre, discret, un mari et un père aimant. Comment ne pas l’aimer? Bien sûr, le genre de carrière qu’il a choisi peut avoir des conséquences très graves pour ceux qui croisent son chemin. Il utilise une logique tordue pour expliquer ce qu’il fait et pourquoi il le fait. Il s’approprie le rêve américain, la notion qui consiste à partir de rien et à se bâtir soi-même, et il le détourne pour expliquer ce qu’il fait.

Ça nous pousse à avoir de la compassion pour des gens qui ont fait des choses horribles.
C’est vrai. Et il y a le dommage collatéral de la destruction de cellules familiales. Et même si le film trace une ligne claire entre les bons et les méchants, au bout du compte, nous sommes tous des êtres humains. Nous sommes tous capables de mauvais jugement.

The Infiltrator
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