Garbage a de beaux restes
Le groupe de Shirley Manson, qui sera de passage à Osheaga ce week-end, a publié ce printemps Not Your Kind of People, son premier album en sept ans.
Shirley Manson n’a pas dit son dernier mot. Sept ans après s’être séparés en plein milieu d’une tournée mondiale, la chanteuse écossaise, 45 ans, et ses partenaires américains – Butch Vig, Duke Erikson et Steve Marker, tous cinquantenaires – remettent le couvert avec Not Your Kind of People, cinquième opus d’une formation qui n’a jamais rien fait comme les autres. Sorti en 1994, l’album Garbage mêlait mélodies pop, guitares acérées et beats électroniques à l’heure où le grunge triomphait dans les charts.
Les deux disques suivants connaîtront le même succès, mais le quatrième, Bleed Like Me, sera balayé par la vague des groupes rétro à la Strokes.«Tout à coup, nous étions démodés. On avait beaucoup travaillé, beaucoup tourné, et on s’était sans doute coupés du monde extérieur, convient Shirley. Sans parler de notre maison de disques qui était obsédée par les chiffres, par les singles et les passages à la radio. Elle nous traitait comme des gamins de 20 ans et j’enrageais. Garbage avait vendu des millions de disques. Pourquoi faire remixer nos chansons par un DJ à la mode ? À un moment, on a dit stop.»
La chanteuse quitte alors son Écosse natale et s’installe en Californie avec son compagnon producteur, à quelques centaines de mètres de Butch Vig. «À l’époque, nous avons mis de l’argent de côté pour le groupe. Si bien que, lorsqu’on a décidé de se réunir, on a pu enregistrer le nouvel album avec nos propres deniers, sans contrat ni pression particulière.»
A l’image du premier single, l’excellent Blood for Poppies, Not Your Kind of People donne l’image d’un groupe à l’énergie intacte, une pointe de savoir-faire en plus. Et qui se moque définitivement des querelles de génération. «De toute façon, nous avons toujours été plus vieux que les autres. Alors, aujourd’hui, on s’en fout, sourit Shirley.
On a tourné un clip il y a quelques semaines et, sur le plateau, je regardais les garçons en me disant : “Qu’est-ce qu’ils sont beaux et cool. On dirait des personnages de film!”(Rires) Quant à moi, je n’ai pas envie de me faire passer pour ce que je ne suis plus. Je veux faire de l’art jusqu’à mes 90 ans et donner le change à la nouvelle génération… Avec sagesse!»
Garbage
Sur la scène de la Rivière
Samedi à 19 h 15