Todd Lincoln réinvente le film d’horreur
Avec son premier long-métrage, The Apparition, le réalisateur et scénariste nourrit de nobles ambitions. Notamment, redéfinir complètement le drame d’horreur. Rien que ça! Entretien.
Depuis toujours amoureux de films de genre, le réalisateur et scénariste Todd Lincoln rêvait de réaliser «LE film d’horreur de la nouvelle décennie». Dans son premier long-métrage, The Apparition, il dirige Ashley Greene et Sebastian Stan. Les deux jeunes vedettes incarnent un jeune couple marié hanté par un fantôme. Ce dernier a été créé par des étudiants dans le cadre d’une expérience universitaire.
D’où vous est venue l’idée pour ce film?
Toutes les fins de semaine, je cherchais des informations sur des sites dédiés à des choses surnaturelles ou paranormales. Je suis tombé sur plusieurs récits d’expériences lors desquelles des gens avaient tenté de créer un fantôme. J’ai découvert qu’au milieu des années 1970, des étudiants et des professeurs en neuropsychologie ont essayé de prouver que les phénomènes paranormaux existaient et qu’il fallait y croire. Ils ont appelé leurs recherches «L’expérience Philip». Depuis, plusieurs personnes ont tenté l’expérience à leur tour. J’ai trouvé que ce serait une super idée de film que de mettre en scène des gens créant des fantômes!
Est-ce que vous passez toutes vos fins de semaine sur de tels sites?
Pas seulement les fins de semaine, toutes mes journées! (Rires) En tant que personne, et en tant que cinéaste, je cherche toujours à connaître la vérité; à comprendre toutes ces choses étranges et inexplicables. Je tente de faire la lumière sur certaines choses! Il faut dire que j’ai grandi dans une vieille maison hantée, à Tulsa, Oklahoma. Apparemment, un ancien locataire s’était suicidé dans la chambre à côté de celle que j’occupais! De plus, ma mère travaillait sur des films d’horreur en 1980, alors je passais beaucoup de temps sur le plateau, à regarder des scènes très glauques.
En quoi ce film est-il différent de tous les autres films que nous avons récemment pu voir en salle?
Eh bien, l’action se déroule dans une Amérique très contemporaine, pas dans un décor typique de film d’horreur. On présente des maisons qui ont été saisies par la banque, des demeures qui n’ont pas été terminées, des avenues qui ne mènent nulle part. Et c’est dans ce paysage en transition, dans ce pays en transition qu’évolue notre couple.
Quels sont les aspects des films d’horreur actuels que vous êtes fatigués de retrouver à l’écran?
Je crois que le principal problème se situe dans une exécution parfois paresseuse. Les réalisateurs de films d’horreur choisissent souvent des endroits faciles ou mettent en scène des situations classiques sans se demander «Est-ce que ça a déjà été fait?» ou «Est-ce que cette situation est plausible?» Je crois qu’il y a tellement d’exemples de films d’horreur qui se déroulent dans une petite ville américaine, où l’on croise le shérif avant d’apprendre qu’il y a un maniaque qui se cache dans le lac, dans le sous-sol ou à l’usine. Je crois que les réalisateurs devraient tous vivre davantage, voyager, parcourir le monde, se faire briser le cœur, puis commencer à réaliser des films en remettant chaque choix en perspective. Se poser les bonnes questions, voilà la clé d’un film réussi.
The Apparition
En salle dès vendredi