Culture

La mélodie du bonheur d'Ariane Moffatt

Marc-André Lemieux, Métro

Pour certaines stars, c’est un nouveau look. On laisse tomber le col roulé pour mieux adopter la petite camisole décolletée ou on abandonne le jeans délavé au profit de la mini-jupe ajustée. Pour d’autres, c’est un nouveau style musical. Fini, le dance enfantin! Vive le rock lourd et sale!

Ariane Moffatt n’a pas l’habitude de suivre les courants populaires. Son troisième album en est la preuve.

Tous les sens nous présente une artiste transformée, certes, mais pas sur le plan de l’image. Elle garde son petit côté androgyne, auquel elle a toutefois ajouté une touche plus glamour et rétro.

Côté son, c’est la même chose. On  retrouve – avec un plaisir non dissimulé – sa pop mélodique aux accents électroniques.
Mais alors, comment expliquer ce vent de fraîcheur qui nous saisit lorsqu’on prête l’oreille à ses récentes compositions? Pourquoi a-t-on l’étrange  sentiment de découvrir une Ariane Moffatt réinventée?

«Après Le cÅ“ur dans la tête, c’était important pour moi de revenir et de me prouver qu’on peut marier légèreté et profondeur, explique-t-elle. J’ai juste  l’impression d’avoir un peu changé mon angle de vision des choses. Je continue à parler de trucs qui me touchent, mais avec un Å“il un peu plus positif.»

Cette métamorphose était à prévoir. Quand Métro l’avait rencontrée l’été dernier, à quelques jours de son concert extérieur aux FrancoFolies, la jeune femme de 28 ans se disait plus heureuse que jamais et prête à faire exploser sa nouvelle philosophie en studio.

«Pour le deuxième [album], je m’en suis mis beaucoup sur les épaules et je me suis rendu compte par la suite que c’était inutile de prendre cette carrière trop au sérieux», raconte-t-elle.

Du bon temps
C’est en compagnie des membres de la formation Plaster (Jean-Phi Goncalves à la réalisation, François Plante à la basse et Alex McMahon aux claviers) et de son fidèle acolyte Joseph «J» Marchand à la guitare qu’Ariane Moffatt a accouché de Tous les sens.

L’album a exigé près d’un an d’ouvrage. Une aventure qui s’est terminée en février dans un chalet à Mont-Tremblant, entre deux séances de snowboard.

Avec une telle ambiance de travail, il n’est pas étonnant que l’opus regorge de titres lumineux comme Réverbère, sur lequel Ariane, plus sereine que jamais, clame : «Ma vie est une série B, mais ça m’va.»

Traversé par plusieurs sonorités électroniques, le titre évoque la pop française hyper optimiste des années 1960. «Y a un réverbère / Tout au fond de moi / Qui éclaire chacun de mes pas», entonne-t-elle au refrain.

Le secret de sa nouvelle joie de vivre? La jeune chanteuse ne semble pas le connaître… ou à tout le moins, elle ne le révèle pas si facilement.

«Ce n’est pas comme si javais lu Le secret et que, du jour au lendemain, j’avais changé du tout au tout!» ricane-t-elle. Ce n’était pas quelque chose de planifié. Je ne me suis pas dit : « À  partir d’aujourd’hui, je vais penser positif. » Oui, j’ai pris des dispositions concrètes, mais c’est le fil des événements qui a fait en sorte que je me suis transformée, que j’ai adopté une attitude différente face à la vie. Tout ce que j’espère, c’est que  c’est là pour rester!»

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