Culture

Entrevue avec Duffy: l'invasion britannique

La chanteuse Duffy est assise à côté d’une piscine bleue transparente, sur le toit d’un hôtel. Le soleil plonge dans sa chevelure blonde. Elle prend une gorgée de sa boisson, ses yeux bleus s’élargissent et elle se met à sourire.

«C’est comme dans les films», s’exclame-t-elle au sujet de la situation, en reprenant l’observation du serveur.

C’est exactement comme au grand écran pour cette fille ambitieuse qui a grandi dans la minuscule ville de North Wales, au Pays de Galles, et qui habite maintenant à Londres. À peine quelques jours plus tôt, elle a joué un de ses succès, Mercy, inspiré du style des  années soixante, pour la première fois à la télévision américaine, à The Tonight Show with Jay Leno.

La journée d’avant, elle a joué devant une foule en sueur, à la Coachella Valley Music and Arts Festival, dans le désert de Californie.

Son album Rockferry, déjà un franc succès en Angle­terre, a fait ses débuts en Amérique cette semaine.

Aimee Anne Duffy, 23 ans, plus connue simplement sous le nom de Duffy, est l’une des nombreuses jeunes chanteuses venant du Royaume-Uni à débarquer aux États-Unis.

Il y a eu Amy Winehouse, dont l’album a été deux fois disque platine aux États-Unis et qui a gagné cinq Grammy Awards cette année, et sa collègue, la crooner londonienne Lily Allen, dont les débuts ont été acclamés par la critique avec Alright, Still.

Mais Duffy et les autres membres du billboard britannnique comme Leona Lewis, Adele, Kate Nash, Laura Marling, Estelle et Amy MacDonald sont en train de trouver leur propre chemin sur la carte, entre l’Europe et les États-Unis. Néanmoins, certains les ont surnommées les «nouvelles Amys».

Duffy pousse un soupir lorsqu’elle entend la comparaison.

«J’aimerais ça qu’on me laisse tranquille avec cette histoire-là. J’ai envie de me cacher. Je préfère ne pas être connue plutôt que de l’être pour quelque chose que je ne suis pas, » affirme Duffy en entrevue dans un hôtel de Los Angeles.

Une fille saine
Duffy, 5pi 2po est pleine d’assurance avec ses joues à fossettes, une personnalisé ou­verte, sans tatouages visibles et sans eye-liner, à l’opposé de Winehouse. Elle est peut-être petite, mais le vibrato de sa voix soulève les chansons comme la poignante War­wick Avenue et la pleine d’espoir Distant Dreamer, où perce une sagesse d’âme ancienne.

Ses parents ont divorcé quand elle avait 10 ans, il n’y avait pas de magasins de disque dans sa ville natale, sa langue maternelle est le gallois et elle est arrivée seconde dans ce qu’elle appelle «un genre d’American Idol à petit budget» auquel elle avait participé au Pays de Galles lorsqu’elle était adolescente.

Et pour aller encore plus loin afin de prouver qu’elle est complètement à l’opposé d’Amy Winehouse, la chanteuse  troublée et rongée par la drogue, Duffy pense qu’«il est important d’avoir de bonnes valeurs morales.»

«Je refuse de croire que la musique est si difficile que tu doives prendre de la drogue pour y arriver», dit Duffy.

Décrite par certains comme «le second avènement après Dusty Spring­field», Duffy cite des chanteurs célèbres des années soixante et soixante-dix tels que Scott Walker comme étant son inspiration, mais elle rajoute que donner une liste de ses influences «détruirait le mystère».

«J’ai lu un jour une citation de Phil Spector, qui a disait que la musique pop était faite par des gens solitaires pour des gens solitaires, raconte Duffy. Mais moi, c’est quand je me sens seule, je ne fais pas de musique. C’est la seule chose que j’ai qui est vraiment à moi et c’est ça que je partage.»

Rockferry
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