Culture

American Girl: un phénomène au grand écran

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro

De l’autre côté de la frontière, les petites filles sont folles des livres de la série American Girl. Tellement qu’il existe des boutiques exclusives où des poupées et une foule d’accessoires inspirés de la série sont offerts. Chaque histoire met en vedette un personnage différent, et il en existe une centaine.

Après avoir pris vie dans trois téléfilms, voilà qu’une autre petite héroïne, interprétée cette fois par Abigail Breslin, voit le jour au grand écran. Et c’est à la réalisatrice torontoise Patricia Rozema que l’on doit le premier film de cette série, Kit Kittredge : An American Girl.

Apprentie journaliste
Kit Kittredge a un rêve?: devenir journaliste. Pendant qu’elle coule une enfance tranquille à Cincinnati, la Grande Dépression s’abat sur l’Amérique et sa famille en souffre. Malgré ces difficultés, quand une série de vols est perpétrée dans son quartier, Kit mène sa petite enquête.

Mis en scène par Patricia Rozema, à qui l’on doit entre autres Mansfield Park, ce
long métrage pour toute la famille est la suite logique d’un phénomène. «Au Québec, les gens ne connaissent pas American Girl; au Canada anglais, un peu plus. Mais aux États-Unis, c’est comme Barbie, affirme la réalisatrice, de passage à Montréal. C’est un phénomène! Il s’agit d’une importante manifestation culturelle. Je la con­nais­sais un peu,  parce que j’ai des enfants, mais quand je suis allée au magasin et que j’en ai appris plus, je me suis rendu compte à quel point c’était gros.»

Si la «American Girl mania» existe bel et bien, les poupées renvoient une image bien différente de celle que projettent les tout aussi populaires Barbie, selon la cinéaste.

«Elles sont plus naturelles et moins sexuelles que Barbie, compare-t-elle. Les jeunes filles doivent être protégées de l’hypersexualisation. Le film doit donc être un modèle. Il raconte l’histoire d’une petite fille qui veut écrire, qui a des amies loyales et qui veut soutenir ses parents.»

Une actrice différente
Pour incarner cette fillette modèle, mais vive d’esprit et amusante, les producteurs ont choisi Abigail Breslin, qui a déjà été nommée aux Oscars. Celle qui a brillé dans Little Miss Sunshine a d’ailleurs beaucoup impressionné Patricia Rozema.

«[Abigail] est vraiment professionnelle, estime-t-elle. Elle est naturellement douée. Elle a vraiment une énergie unique et une manière de bouger bien à elle. Elle n’est pas comme tous les enfants et elle a aussi un bon sens de l’humour. Abigail n’avait jamais fait un film avec d’autres enfants. Elle avait toujours joué avec des adultes, alors cette expérience a été très différente pour elle.»

Le tournage à Toronto ayant été rapide – 27 jours au total – Patricia Rozema a dû faire de petits miracles, comme elle le dit elle-même. Avec des enfants, pas question d’allonger les heures de tournage, et pas question non plus de ne pas tenir compte de leurs réactions.

«Je me demandais toujours?: Est-ce qu’ils vont trouver ça, drôle, émouvant ou stupide? Les enfants étaient ma référence», assure-t-elle.

Est-ce que la réalisatrice pourrait tourner un autre film de la série? «Proba­blement pas, confie Patricia Rozema. J’ai fait mon film familial et j’en suis fière, mais je veux maintenant revenir à mon agenda d’adulte!»

Kit Kittredge :
An American Girl
En salle dès aujourd’hui

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