Culture

FX Demaison, ex-fiscaliste en cavale

La vie de plusieurs de millions de New-Yorkais a basculé le 11 septembre 2001. Celle de François-Xavier Demaison a elle aussi subi une transformation majeure.

Fiscaliste à Manhattan, il a compris lors des attentats terroristes à l’origine de
l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center que la vie était trop courte pour perdre son temps dans un job qui ne lui ressemblait pas.

Quelques mois plus tard, il balançait tout et s’envolait pour la France afin de réaliser son rêve de jeunesse : devenir comique. Contre toute attente, le succès était au rendez-vous.

Depuis cette renaissance, FX Demaison flotte sur un nuage. En moins de deux ans, il a joué dans nombre de films aux côtés de plusieurs grands noms du cinéma français, dont Josiane Balasko, Christina Clavier, Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte.

À l’automne, il tiendra le rôle-titre dans Coluche, une comédie dramatique sur le plus célèbre des bouffons français. Il a de plus donné 500 représentations de son premier one-man-show, Demaison s’envole, qu’il présentera au Festival Juste pour rire à compter de lundi.

Métro a passé un coup de fil au drôle de numéro.

Vous a-t-on traité de fou lorsque vous avez décidé de quitter votre job à New York pour tenter votre chance en tant qu’humoriste à Paris?
Oui. Quand j’ai claqué mon boulot, tout le monde m’a pris pour un malade.

Est-ce que les réticences de votre entourage vous ont fait réfléchir?
Mon désir était trop fort. J’ai toujours eu cette passion pour le spectacle, et [les attentats du 11 septembre] l’ont réveillée. J’ai toujours rêvé de faire de la scène, mais j’ai eu peur, parce qu’il fallait être raisonnable, il fallait gagner de l’argent…

Si les tours jumelles du World Trade Center ne s’étaient pas effondrées cette journée-là, seriez-vous toujours à New York à l’heure actuelle?
Je ne crois pas. J’y serais peut-être resté encore un an ou deux, mais pas plus. J’étais comme une cocotte-minute qui ne demandait qu’à exploser. Je serais peut-être devenu un psychopathe. J’étais tellement en contention de ce que j’étais profondément que je serais peut-être devenu fou!

Y a-t-il un point commun entre les finances internationales et le show-business?
Aucun. C’est exactement le contraire. Aujourd’hui, je travaille sur la sensibilité et l’émotion alors qu’avant, j’étais sur le cérébral, le rationnel. Maintenant, ma folie est une qualité.

Votre spectacle est-il autobiographique?
Ce n’est pas un spectacle sur le monde de l’entreprise ni sur la fiscalité. Sinon, ça aurait emmerdé tout le monde. C’est plutôt un spectacle sur un type qui change sa destinée… et sur les rencontres qu’il fait en chemin.

Le cinéma faisait-il partie de votre nouveau plan de carrière quand vous avez tout laissé tomber?
Pas du tout. Ce sont des réalisateurs qui sont venus voir mon spectacle et qui m’ont proposé des rôles.

Coluche était-il l’une de vos idoles?
Bien sûr! C’est le comique préféré des Français. Il n’a jamais été remplacé. Il nous manque dans le sentiment de liberté qu’il véhiculait. En France, en ce moment, on ne s’amuse pas énormément. On ne se sent pas très libre. Ça va être bien de retrouver ce personnage au cinéma.

Vous avez aimé votre expérience de tournage sur le plateau de Coluche?
Beaucoup. J’ai pris 12 kilos pour le film et j’en ai perdu 8 depuis.

Qu’avez-vous fait pour prendre tout ce poids?
J’ai mangé beaucoup de fromage de chèvre et j’ai bu beaucoup de vin. Ça a été très facile de prendre les kilos. Les perdre, en revanche, ça a été plus compliqué!

La tournée vous a-t-elle aidé à retrouver votre ligne?
Pas vraiment. Et ce n’est sûrement pas à Montréal que je vais maigrir… avec toute cette poutine!

Demaison s’envole
À la Maison Théâtre
Du 7 au 12 juillet à 19 h

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