Culture

La double-vie de Yelle

«Je veux te voir dans un film pornographique / En action avec ta bite / Forme potatoes ou bien frite.»

 

Sur disque, Yelle donne l’image d’une jeune femme dévergondée, croqueuse d’hommes, qui n’hésiterait pas à passer sur le corps d’un ex-amant à l’aide d’un dix roues. En entrevue, par contre, l’impression est tout autre. C’est d’une voix calme et posée qu’elle se penche sur le succès de Pop-Up, son premier album, qui connaît un immense succès partout dans le monde depuis sa sortie à l’automne dernier.

Métro s’est entretenu avec la nouvelle icône de la pop française qui, jeudi soir, donnera son troisième concert en sol montréalais en un peu plus d’un an.

Avec vos complices Tepr et GrandMarnier, vous accumulez les concerts un peu partout dans le monde depuis la sortie de l’album. La vie sur la route, ça vous plaît?

Oui, même si ce n’est pas toujours évident. On est un peu fatigué dans les trains, les avions et les bus, mais donner des concerts, c’est ce qui nous motive le plus.

Êtes-vous étonnée du succès que vous remportez dans des pays où on ne parle pas français?

On est très surpris, mais en même temps, on se dit que les gens sont peut-être un peu lassés d’entendre des chansons en anglais. Le français, pour eux, c’est exotique. C’est peut-être ce qui les attire.

Une carrière en anglais, ça vous intéresse?

Notre originalité, c’est de chanter en français. On n’est pas complètement fermés, mais on a envie de garder cette particularité.

Êtes-vous aussi directe et provocante dans la vraie vie que sur disque?

Non. Je le suis un petit peu moins. Sur l’album et en live, c’est ma partie extravertie qui prend toute la place. Elle fait partie de moi, mais dans la vie de tous les jours, je suis
beaucoup plus calme.

Vous parlez ouvertement de sexualité sur Pop-Up. Y a-t-il des sujets que vous n’oseriez jamais aborder?

Non. Je crois qu’on peut parler de tout. Il suffit de trouver le bon ton et les bons mots. C’est vrai que je parle beaucoup d’amour et de sexualité sur le disque, mais il y a aussi un morceau, Tristesse/Joie, qui parle de la mort. Ça montre bien qu’on peut lancer un cri très positif à partir d’une thématique qui peut sembler très noire.

Dans la chanson Les femmes, vous dites : «Si les garçons ne m’ouvrent pas leur cÅ“ur / Je sens que je vais aller voir ailleurs.» Avez-vous mis votre plan à exécution?

Non, pas encore! [rires] Il y a beaucoup d’humour dans ce que je fais. Cet exemple était plutôt tiré d’un fantasme.

Avez-vous commencé à penser à votre prochain album?

Oui. On espère pouvoir s’y mettre en septembre. On a envie d’expérimenter des choses plus extrêmes.

Yelle
(avec Numéro#)
Cabaret Juste pour rire
Demain soir à 22 h

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