Culture

Anik Jean: Junkie des langues

Même si elle a connu le succès dans la langue de Molière, Anik Jean n’a jamais caché son amour pour l’anglais.

Exposée très jeune à la culture anglophone par son père musicien, la Gaspé­sienne affirme qu’à force de regarder des films dans la langue de Shakespeare, elle est devenue bilingue assez tôt.

Quittant le nid familial à 21 ans pour s’envoler vers la Californie, Anik Jean avoue même qu’à cette époque, elle se surprend fréquemment à penser en anglais.

C’est à cette époque, à Los Angeles, que la belle se met à jouer dans un groupe anglophone et fait ses premières armes dans la musique.

De retour au Québec à 25 ans, elle souhaite percer dans son pays et se met au travail.

La chanteuse se souvient qu’au départ, son premier album, Le Trashy Saloon, paru en 2005, était censé être exclusivement en anglais. Jean Leloup – son mentor à l’époque – l’a convaincue que la chanson francophone pouvait aussi être intéressante.

«C’est Jean qui m’a fait réaliser que le rock français pouvait ne pas être quétaine. À ce moment, comme je me sentais plus à l’aise en anglais qu’en français, il m’a dit : « Fais confiance à ton français. »»

Le déclic s’est fait alors pour Anik Jean, qui s’est mise à travailler le français en lisant le dictionnaire et en écoutant la discographie complète d’Édith Piaf.

C’est ce qui a mené à la naissance du Trashy Saloon, un opus francophone avec quelques petites touches anglophones ici et là.

L’album comprenait quelques tubes, dont Junkie de toi, l’extrait qui nous a fait découvrir l’univers de l’artiste.

Il faut croire que la star a apprécié l’univers francophone puisqu’elle a lancé, en janvier dernier, son second album. Entièrement écrit en français, Le ciel saigne le martyre montre, selon l’artiste, sa plus grande maîtrise de la langue.

Rêver grand

Malgré le succès populaire et critique qu’elle obtient, Anik Jean ne s’en cache pas : elle songe parfois encore à la carrière en anglais.

«J’aime voir grand! s’écrie-t-elle. Et puis, je veux faire le tour du monde et mon métier me le permet, alors pourquoi pas?»

Grâce au succès qu’elle a remporté en 2006 en faisant la première partie des Rolling Stones, son rêve est probablement à portée de main!

Ouverture sur le monde

Quand on demande à celle qui navigue depuis toujours entre les deux langues ce qu’elle pense de la rivalité qui oppose parfois le Québec et le Canada anglais, elle répond qu’il ne faut pas s’en faire autant.

«Je suis Québécoise et ma langue est très importante, mais à mon avis, l’anglais est tout aussi important, observe-t-elle. Pour moi, il est clair depuis longtemps que mes enfants parleront les deux langues, parce que c’est une richesse!»

«Je ne vois pas le fait de parler anglais comme une menace, mais bien comme une ouverture sur le monde, indique-t-elle. Si je le pouvais, je parlerais 15 langues!»

Anik Jean
(avec Mademoiselle K)
Au Cabaret Juste pour rire
Ce soir à 22 h
www.anikjean.com

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