Culture

Divine Brown, inspirée par les grands

Geneviève Vézina-Montplaisir, Métro

Divine Brown était de passage à Montréal cette semaine. La chanteuse canadienne, qui se produira le mois prochain dans la métropole – la date devrait être fixée sous peu – faisait la promotion de son deuxième album, The Love Chronicles, qui fait déjà bonne figure dans les palmarès de vente.

Pour ce CD, la Toron­toise s’est inspirée de l’histoire du R’n’B . Elle a écrit et coécrit 12 pièces aux styles différents, ayant tantôt une saveur gospel, soul ou funk, et nous offre un véritable voyage dans le temps. Stevie Wonder, Anita Baker, Tina Turner, Whitney Houston et même Mariah Carey font partie de l’univers musical de Divine Brown.

Cependant, c’est vraiment en écoutant de la musique de Chaka Khan que la jeune femme a trouvé sa voix et sa voie étant petite.   

«Vocalement, c’est Kahn qui m’a inspirée le plus, avoue-t-elle. Pas seulement parce que c’est une chanteuse à la voix puissante, mais parce que, quand elle chante, c’est comme si elle avait du feu à l’intérieur d’elle. C’est vraiment ce que j’aime de sa voix. Cela la différencie des autres chanteuses qui m’ont inspirée.»

La voix de Divine Brown est d’ailleurs ce qui frappe le plus à l’écoute de The Love Chronicles. Elle passe d’une octave à l’autre, pouvant ainsi exploiter différents styles sans problème.

Souvenirs musicaux
Mais attention, si Divine Brown s’est inspirée des grands de la musique soul, elle ne les a pas copiés. Elle s’est seulement laissé guider par eux.

«L’inspiration est quelque chose dont les artistes ont besoin, affirme-t-elle. Par exemple, si je n’ai jamais écouté de musique soul, quelles références j’ai et comment je vais apprendre? Il y a une énorme différence entre être inspiré et faire du plagiat. Quand j’écrivais ce CD, mon écriture était basée sur des souvenirs que j’avais quand, petite, j’écoutais ce genre de musique et sur les émotions que ça engendrait. Je ne me disais pas : je vais écrire une chanson sur les années 1960. Je ne mettais pas un disque de la musique de l’époque et je ne me disais pas : « OK, je sais ce que je vais écrire. »»

Les émotions et la sensibilité sont plutôt au cÅ“ur du cheminement créatif de cette artiste qui est convaincue que le R’n’B n’a pas dit son dernier mot et qu’il peut encore se réinventer.

«Je pense que le R’n’B grandit constamment, dit celle qui avait présenté son premier album éponyme en 2005. Tout dépend des artistes et des choix des maisons de disques. Je pense que la musique en général est en constante évolution. Par exemple, Kanye West est quelqu’un qui fait du hip hop soul. Il y a des saveurs R’n’B dans sa musique, du soul, et il est très innovateur dans ce qu’il fait. Il a son propre son.»

Voilà un autre artiste américain parmi les inspirations de Divine Brown, qui le dit : l’histoire du soul est avant tout américaine. Cependant, tout cela pourrait changer avec l’apparition d’artistes canadiennes comme elle ou  July Black, qui reçoivent un bel accueil partout au pays.

«J’obtiens la même ré­ponse dans toutes les provinces, souligne-t-elle. Si les gens donnent une chance à l’album, ils vont trouver quelque chose qu’ils aiment. En général, les Canadiens aiment le R’n’B. Ils apprécient la bonne musique et l’encouragent.»

Ici, donc, l’opération sé­duction a fonctionné, mais de l’autre côté de la frontière, tout reste à bâtir. Divine Brown devra faire face à des concurrents et à des concurrentes de taille. The Love Chronicles sortira partout dans le monde dans un an. D’ici là, Divine Brown continuera de se tailler une place sur la petite planète soul.

«De nos jours, il y a tellement de talents, partout sur la planète, qu’il faut que tu fasses ta marque, explique la combattante. Tu ne sais jamais comment tu vas te rendre là, qu’est-ce que ça prend pour arriver là. Tout ce que tu peux faire, c’est faire de ton mieux.»

The Love Chronicles

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