Un cadeau signé Trent Reznor
Quelqu’un doutait-il encore de la générosité de Trent Reznor?
Cette année, Nine Inch Nails a offert pas un mais deux albums gratuitement sur le web. Radiohead peut bien aller se rhabiller!
Le groupe n’a pas fait don de son concert d’hier soir au Centre Bell. En fait, les fans de la formation devaient débourser de 40 $ à 55 $ de leur propre poche pour voir le quintette en spectacle (un prix bien en deçà de ce que les artistes du même calibre sollicitent par les temps qui courent).
Le véritable cadeau du groupe résidait dans la sélection des chansons qu’il a jouées live. À ce chapitre, la générosité de Reznor et sa bande a été sans borne.
NIN ne s’est pas payé un trip d’ego en s’astreignant aux titres moins connus de The Slip et de Ghosts I-IV, ses deux derniers CD. Il a aussi choisi de fêter ses 20 ans d’existence en revisitant ses plus grands succès, dont les classiques Closer, Wish et Head Like a Hole avec la même énergie qu’autrefois.
Le bruit des machines
C’est sous une cascade de distorsions électroniques, évoquant le bruit de machines en pleine activité, que NIN a fait son entrée sur scène. Les membres de la formation sont apparus tour à tour dans un nuage de fumée grâce à un ingénieux jeu de lumière : le batteur Josh Freese, le guitariste Robin Finck, le claviériste Alessandro Cortini, le bassiste Justin Meldal-Johnsen, puis Trent Reznor, le leader et auteur de tous les titres du groupe. La voix torturée du chanteur a pour la première fois résonné dans les haut-parleurs sur 1,000,000, tiré de The Slip.
La foule de près de 9 000 spectateurs s’est animée dès les premières notes de March of the Pigs, extrait du célèbre The Downward Spiral. La mêlée au parterre n’était peut-être pas aussi violente qu’au milieu des années 1990, mais ce n’était pas la faute de Reznor, qui s’égosillait sur chaque note comme si sa vie en dépendait. Les fans de NIN ont pris de l’âge. Aujourd’hui dans la vingtaine et la trentaine, ils ne sont plus les ados rebelles de l’époque. Ils se sont calmés et apprécient ce que leurs idoles ont à leur offrir d’une autre façon. C’était beau de les voir brandir non pas leurs cellulaires, mais leurs briquets lorsque Reznor a entamé au piano la poignante The Frail.
Effets spéciaux
Il a fallu attendre la sixième chanson avant que les écrans géants disposés en toile de fond s’illuminent et laissent entrevoir une mise en scène un tantinet plus élaborée que celle proposée en début de soirée, consistant en une série d’effets d’éclairage. La foule a par la suite plongé dans le monde mystérieux et menaçant de la formation américaine, grâce entre autres à un voile semi-transparent sur lequel étaient projetées des images plutôt abstraites. Pendant The Greater Good, ce même drapé métallique s’est transformé en écran tactile lorsque Reznor, muni d’une lampe de poche, a traversé la scène, y laissant son empreinte d’ébène au plus grand plaisir de la foule.
Pensez à Tom Cruise dans Minority Report, mais à plus grande, beaucoup plus grande échelle.
NIN n’a pas eu peur d’introduire un segment instrumental en milieu de prestation, sans doute
inspirée de sa plus récente offrande sur le web, Ghosts I-IV.