Daniel Boucher : Sous la lumière
Dans un café du centre-ville, Daniel Boucher lit les résultats des élections américaines, au lendemain du grand soir. Puis, il lève les yeux et serre la main de la journaliste franchement en la regardant droit dans les yeux, d’une façon calme et assurée.
À quelques jours du lancement de son troisième disque studio, quatre ans après La patente, Daniel Boucher est serein, comme s’il était arrivé exactement là où il le voulait.
«Le soleil est sorti, tout le monde pense que ça veut dire que ça allait mal avant. Ce n’est pas ça, ça ne fait pas cinq ans que ça va mal! Le soleil est sorti, ça veut plutôt dire qu’une douleur habitée te fait plus avancer qu’un bonheur que tu ne regardes pas en pleine face… Ça veut aussi dire que peu importe ce qui arrive, il y a de la lumière à en tirer; c’est ce que j’ai compris.»
Inspiration retrouvée
Incapable d’écrire pendant longtemps – «en trois ans, après la naissance de mon gars, j’avais écrit à peu près une toune!» -, il joue dans la comédie musicale Dracula et conçoit le spectacle Chansonnier avant d’arriver avec Le soleil est sorti.
«La vie change; il y a des périodes propices pour écrire et d’autres qui s’y prêtent moins», explique l’artiste.
Alors qu’il avait prévu écrire à temps plein ce troisième album à partir de janvier dernier, l’inspiration ne lui est venue qu’en avril.
«Au début de l’année, j’allais chez David Brunet [son fidèle collaborateur], et on travaillait à des tounes. On les trouvait pas pires, mais on sentait qu’il y avait quelque chose qui forçait. Après ces journées, je retournais chez nous et je me disais que j’avais rien à dire. C’était comme s’il fallait que je ramone le tuyau avant que le bon sorte. Alors, je me suis acharné et, à un moment, comme si la suie était enfin partie, les vraies tounes sont arrivées. En trois semaines, tout était là, et ça n’avait aucun rapport avec ce à quoi je travaillais depuis le début…»
C’est ainsi qu’à l’arrivée du printemps, Boucher se retrouve avec un noyau d’une dizaine de chansons qui vont devenir le cÅ“ur du Soleil est sorti.
Retour aux sources
C’est entre Montréal et la Gaspésie, où Daniel Boucher s’est installé, que l’album a été créé. Selon l’artiste, celui-ci est constitué d’un peu de tout ce qui fait sa vie maintenant.
«Sans l’ombre d’un doute, c’est le plus organique [des trois albums], le plus personnel et le plus à fleur de peau; c’est vraiment un polaroid de moi et d’où je suis rendu.»
Et sans conteste, cet aspect intime se retrouve partout dans l’album, qui est dépouillé de tout artifice. De la musique laissée à son naturel, des paroles personnelles, une pochette qui montre la nature et un livret écrit de la main de l’artiste laissent presque croire à un cadeau d’un ami juste pour soi.
«Les tounes sont arrivées de façon directe, ça concerne des sujets directs et on les a enregistrées de façon directe», explique tout simplement Daniel Boucher.
«Je ne sais pas encore de quoi j’ai besoin pour être inspiré, continue-t-il, mais ce que j’ai compris avec cet album, c’est qu’il faut que j’intègre ma vie à ma création. Composer une chanson au printemps sur la galerie avec mon gars à côté qui joue aux camions, c’est possible.»
Et ça donne la chanson Le soleil est sorti, qui a donné son nom à l’album.
Le soleil est sorti
En magasin demain