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Diana Krall : En revenant de Rio

Bruno Martins - Metro Portugal

Question de combattre un mal de gorge persistant, Diana Krall sirote un thé brûlant. La chanteuse canadienne regarde la pluie tomber à travers les fenêtres de sa chambre d’hôtel de Lisbonne.

«Appelez-moi Diana», nous dit-elle poliment.

Ça ne fait aucun doute, la star du jazz doit se sentir bien loin du Brésil et de ses chaleurs torrides.

C’est à Rio de Janeiro que l’épouse d’Elvis Costello a enregistré les titres de son dernier opus, Quiet Nights, paru en mars. Sur l’album, la chanteuse et pianiste marie les styles jazzy du Brésil à ceux de la côte ouest, en plus d’emprunter trois pièces à la légende de la bossa-nova, Antonio Carlos Jobim.

Nous avons pris le thé avec Diana Krall.

L’idée d’explorer les sonorités brésiliennes vous est-elle venue lors d’un séjour dans ce pays?

Oui. J’ai voyagé pendant un an après avoir donné naissance à mes garçons en 2006. Et j’ai adoré! À l’époque, j’ai pensé : «Ce serait merveilleux de renouer avec Claus Ogerman [reconnu pour son travail avec Antonio Carols Jobim].

Est-ce à la suite de vos retrouvailles avec Claus Ogerman, avec qui vous aviez enregistré The Look of Love en 2001, que vous avez opté pour des rythmes bossa-nova?

Oui. Ça semblait être le moment parfait pour essayer quelque chose du genre. Et j’avais raison. Claus a signé de superbes arrangements pour The Boy from Ipanema et Walk on By. Il leur a donné une noirceur que j’adore, une ambiance quasi cinématographique qui me rappelle les films de Fellini.

Croyez-vous que Quiet Nights est votre album le plus romantique?

Je ne dirais pas le plus «romantique». Peut-être le plus sensuel, par contre. Il n’est plus question de flirt ou d’idylle. Je ne suis plus célibataire. Je suis une femme mariée avec deux enfants. Je suis passée à autre chose.

Claus Ogerman a dit que vous étiez très détendue en studio. À quoi attribuez-vous ce nouvel état d’esprit?

Je n’avais aucun souci et je n’avais pas envie de me casser la tête. Je voulais enregistrer les chansons en une ou deux prises. Même si un instrument n’était pas parfaitement accordé, je préférais laisser les choses comme elles étaient, intactes.

Un peu comme une performance live?

Exactement. Par exemple, avec le logiciel Pro-Tools, on peut arranger et accorder tout ce qu’on veut. Ça comporte des avantages, mais il ne faut pas trop s’en servir, parce que sinon, l’album devient un produit manufacturé.

Croyez-vous que la technologie fait entrave à l’émotion?

Oui. Je crois que c’est aussi le problème avec les MP3, les iPod et les écouteurs. Ils ne transmettent pas tout ce que la musique a à offrir.

Par quel moyen préférez-vous écouter de la musique?

Sur des disques vinyles. Je comprends que les gens des générations plus jeunes préfèrent les méthodes plus pratiques, mais je ne crois pas qu’elles devraient être les seules. On devrait avoir plus d’options.

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