Fleetwood Mac : Dans la bonne humeur
La relation entre Stevie Nicks et Lindsey Buckingham n’a jamais été un long fleuve tranquille. Les principaux intéressés sont d’ailleurs les premiers à l’admettre. Les deux ex-amants n’ont peut-être «pas réglé tous leurs différends», mais le 10 février dernier, leurs rapports étaient pour le moins conviviaux, voire même agréables. Espérons qu’ils seront toujours au beau fixe demain soir, lorsque Fleetwood Mac prendra d’assaut la scène du Centre Bell…
«Lindsey est d’une bonne humeur incroyable depuis le début des répétitions, le 5 janvier dernier. Et quand Lindsey est de bonne humeur, tout le monde est de bonne humeur», a déclaré Stevie Nicks lors d’une conférence de presse téléphonique donnée par le groupe quelques semaines avant qu’il ne donne le coup d’envoi de sa tournée Unleashed, au Mellon Arena, à Pittsburgh.
Il s’agit de la première série de spectacles en cinq ans de cette formation qui, faute d’avoir composé de nouvelles chansons pour l’occasion, jouera ses plus grands succès.
La critique américaine fait part d’un concert sans entracte de plus de deux heures, au cours duquel Fleetwood Mac joue une bonne vingtaine de titres, dont les incontournables Dreams, Gypsy, Go your own Way et Don’t Stop.
Aux dires de Lindsey Buckingham, revisiter les vieux classiques est fort thérapeutique et explique pourquoi l’atmosphère est si détendue entre les membres de la formation.
«Étant donné qu’on n’a pas de nouveau matériel à promouvoir, on peut juste relaxer, a noté le guitariste. Et parce que nos relations interpersonnelles avaient souffert lors de la tournée précédente, on voulait tous que ça se passe beaucoup mieux cette fois-ci.»
«Tout le monde s’entend bien. Les gens sont gentils les uns envers les autres. Et quand ça se passe comme ça, c’est un vrai plaisir», a ajouté Stevie Nicks.
S’il en avait la possibilité, Buckingham ne reviendrait pas en arrière pour stopper certaines tempêtes que le groupe a dû traverser, car selon lui, ce sont les chocs de personnalités qui ont permis à Fleetwood Mac de connaître la gloire.
«On est un groupe de belles contradictions, un groupe dont les membres ne sont pas nécessairement faits pour être ensemble à cause de leurs sensibilités différentes, a-t-il observé. Avec Fleetwood Mac, le tout vaut mieux que la somme des parties.»
Bouleversements
Fleetwood Mac a subi de nombreux changements de personnel depuis sa formation en 1967 et, comme on s’y attendait, le sujet a été abondamment soulevé pendant la télé-conférence.
De la formation originale, seuls le bassiste John McVie et le batteur Mick Fleetwood sont toujours fidèles au poste. Le dernier bouleversement date de 1998, lorsque Christine McVie a quitté le groupe.
À l’époque, le départ de la chanteuse et claviériste a grandement ébranlé Stevie Nicks. «Perdre Christine comme amie a été horrible pour moi, a-t-elle raconté. Encore aujourd’hui, pas une seule journée ne passe sans que je souhaite qu’elle m’appelle et qu’elle me dise : « Je reviens. » Mais elle ne le fera pas… et on a tous fini par l’accepter.»
Fleetwood Mac est aussi revenu sur l’épisode Sheryl Crow.
Il y a quelques années, le groupe est entré en contact avec la chanteuse pour qu’elle prenne la place de McVie. L’interprète de All I Wanna Do a refusé l’offre, mais reste dans les bonnes grâces du quatuor, comme l’a souligné Stevie Nicks.
«On l’a appelée pour qu’elle vienne jouer avec nous pendant deux ou trois jours. C’était sa première fête des Mères en tant que nouvelle maman et elle avait invité 300 personnes chez elle, a relaté Nicks. Elle a donc choisi de ne pas venir. Elle nous a dit : « Je vais devoir passer mon tour. » Et je lui ai répondu : « Je te comprends. Tu prends la bonne décision. Tu as un petit bébé. Tu as survécu à un cancer du sein et à Lance Armstrong. Fleetwood Mac n’est pas la bonne chose pour toi en ce moment. » C’est ce qui est arrivé avec Sheryl Crow, et on n’a jamais cessé de l’adorer.»
C’est avec philosophie que Mick Fleetwood a mis fin à la discussion sur les continuelles modifications au sein de la formation. Selon le musicien de 66 ans, les nombreuses mutations ont contribué au succès du groupe, et non à sa perte.
«Au fil du temps, je crois que la malédiction de Fleetwood Mac s’est transformée en vraie bénédiction, a-t-il observé. Sur le plan créatif, ça nous a aidés à garder l’attention de notre public.»
Fleetwood Mac
Au Centre Bell
Demain soir, à 19 h 30