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Madcon : La sensation hip-hop made in Norvège

Talia Soghomonian, Métro France

Il faut vivre sur la planète Mars pour ne pas avoir succombé à Beggin, le premier simple de Madcon à avoir traversé l’Atlantique et qui joue abondamment sur les ondes radiophoni­ques montréalaises.

Madcon est un duo hip-hop norvégien aux racines diverses. Yosef est né d’un père érythréen et d’une mère éthiopienne, tandis que son camarade Tshawe est d’origine sud-africaine.

Notre collègue de Métro France s’est entrenue avec Yosef lors du passage du groupe à Paris.

Comment vous êtes-vous rencontrés?

On s’est rencontrés il y a 16 ou 17 ans. C’est une drôle d’histoire. Tshawe a quitté la Norvège pour aller au collège en Afrique du Sud. Je me suis installé dans le quartier où il avait grandi, à Oslo, et là, tout le monde n’arrêtait pas de me dire que je ressemblais à ce gars, que j’étais aussi dingue que lui et que je devrais le rencontrer. À son retour, des amis communs lui ont parlé de moi et nous ont présentés. On s’est tout de suite bien attendus et on ne s’est plus quittés depuis. Sa famille est comme la mienne; la mienne, comme la sienne.

Qu’écoutiez-vous comme musique à l’époque?

J’ai grandi en écoutant du Motown. Ma mère avait une écharpe sur la tête, comme Erykah Badu, elle était belle. Elle fredonnait Respect, d’Aretha Franklin en passant l’aspirateur!
De nos jours, beaucoup de gens essaient de retrouver la vibration des artistes de cette époque, mais très peu y parviennent, à part peut-être quelqu’un comme Amy Winehouse. Tu ressens son âme, son vécu lorsqu’elle chante. Tshawe, lui, est plus fan de jazz. Il a été nourri de John Coltrane, Miles Davis. On n’aime pas toujours les mêmes choses, mais on a un truc en commun : le hip-hop.

Votre hip-hop ne sonne pas comme celui des Américains…

Règle numéro un en musique : parle des choses que tu connais et n’essaie pas de copier ce que font les autres pour avoir du succès. Nous, nous venons de Norvège. Nos parents étaient réfugiés politiques et/ou prisonniers de guerre. Nous faisons partie d’une minorité, et nos amis sont algériens, tunisiens, marocains, argentins… On n’a pas peur de mélanger les cultures. Pour nous, le hip-hop est une musique qui te permet d’exprimer qui tu es vraiment. Désolé pour les clichés véhiculés par certains rappeurs américains, mais je ne tue pas les flics et je ne vends pas de drogue!

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