Un premier rôle en français
Kevin Kline, qui s’est imposé comme l’acteur touche-à-tout du cinéma américain, habitué du show comique télévisé The Saturday Night Live, nous livre, pour la première fois en français s’il vous plait, un personnage misanthrope et mystérieux, aux côtés de Sandrine Bonnaire, dans La joueuse, le premier long-métrage de Caroline Bottaro.
«C’était un défi différent et exotique, lance-t-il. Et l’occasion m’était également donnée de travailler avec Sandrine Bonnaire, que j’admire depuis de longues années. C’est une actrice remarquable. Et puis jouer en français a ajouté du piment à tout ça.»
L’acteur oscarisé, pour son interprétation hilarante dans A Fish Called Wanda, n’avait jamais interprété tout un rôle en français. «J’avais dit quelques phrases dans French Kiss, mais jamais plus. J’ai dû beaucoup travailler, confie-t-il. La diction, les façons dont vous parlez en disent beaucoup sur la personne.»
Kevin Kline a donc troqué la langue de Shakespeare pour celle de Molière et a réussi à offrir une interprétation tout en finesse et en ambiguïté.
La subtilité du personnage
« Lorsque j’ai eu le scénario, en version anglaise bien sûr, entre les mains, je me suis tout de suite intéressé à l’histoire, explique-t-il. J’aimais le mystère du personnage qu’il m’était offert d’interpréter. Il y avait de belles zones d’ombre dans ce rôle.»
Connu pour refuser beaucoup de scénarios, il a donné sa réponse en quatre jours et a souhaité rencontrer la réalisatrice Caroline Bottaro.
«Elle est venue à New York et nous avons discuté quelques heures. Et à mes questions concernant mon personnage, elle m’a suggéré différentes interprétations. J’ai tout de suite saisi chez elle une envie de travailler les nuances, d’explorer toutes les subtilités.»
La réalisatrice Caroline Bottaro, qui s’est approprié le roman La joueuse d’échecs de Bertina Heinrichs, avoue qu’elle voulait absolument un acteur américain pour ce rôle. Et elle ne pouvait pas rêver mieux que Kevin Kline. «C’est un cadeau du ciel, lance-t-elle. On ne se dit pas, quand on écrit un scénario, qu’on va avoir Kevin Kline. Et ce qui est très intéressant chez Kevin, c’est son côté nuancé, gracieux et charmant, tout comme son personnage.»
Dans ce premier long-métrage de Caroline Bottaro, le célèbre acteur américain incarne un homme mystérieux et solitaire habitant un petit village de Corse. À la demande de sa femme de ménage (Sandrine Bonnaire), fascinée par un couple américain jouant aux échecs, il lui apprendra les règles du jeu.
Kevin Kline confie qu’il n’aime pas particulièrement les échecs, ni d’ailleurs les cartes. «Je n’ai pas la patience nécessaire, explique-t-il. Je préfère le tennis ou le foot. Et j’ai dû travailler avec un professeur pour pouvoir interpréter mon personnage, qui est très bon aux échecs. Ce qui me plaît à travers les échecs, c’est son aspect métaphorique qui est présenté dans le film.»
Le dépassement de soi
«C’est un voyage que fait un personnage (celui de Sandrine Bonnaire, ndlr) à travers une passion, celle qu’elle se découvre pour les échecs, explique la réalisatrice. Et je voulais associer aux échecs et aux images qu’on en a une sensualité.»
Pari réussi pour ce premier long-métrage qui offre des scènes d’une subtilité et d’une finesse originales.
La joueuse rappelle aussi que le dépassement de soi est une condition indispensable à l’épanouissement.
La joueuse
En salle dès aujourd’hui