Mary Elizabeth Winstead et l’ivresse du jeu
Dans Smashed, Mary Elizabeth Winstead joue une femme dont la relation de couple, basée sur un amour mutuel de l’alcool, est mise en péril le jour où elle décide de devenir sobre.
Elle s’est fait un nom en prêtant main-forte à un Abraham Lincoln tueur de vampires, en devenant la fille de John McClaine dans Live Free or Die Hard et en incarnant la hipster des rêves de Michael Cera dans Scott Pilgrim vs. the World.
En dépit du plaisir fou qu’elle a eu avec le monde de la pop culture cinématographique, Mary Elizabeth Winstead avait une féroce envie d’un bon drame indépendant bien solide. Ce qui ne signifie pas qu’elle n’a pas eu quelques hésitations avant d’accepter le rôle principal de Smashed.
«C’était effrayant pour moi de prendre ce rôle, je n’avais jamais rien fait de tel auparavant, et – comme tous les acteurs, je crois – pendant des années, j’étais restée assise à me plaindre : “Pourquoi est-ce que ce n’est jamais moi qui obtiens un de ces rôles qui sont vraiment géniaux?”, rigole-t-elle. Et le jour où tu te fais offrir un tel rôle, tu te dis : “Ah merde. Il faut que je comprenne comment on fait ça…” Alors oui, c’est un peu effrayant. Mais juste d’être passée au travers, de l’avoir fait et d’avoir entendu des échos positifs, tout ça a contribué à accroître énormément ma confiance en moi.»
Entrer dans la peau d’une enseignante à l’école primaire qui réalise qu’elle est alcoolique implique plusieurs défis. Avoir l’air convaincante quand on doit prétendre être ivre n’est pas le moindre d’entre eux. «C’est très intimidant. Même pour les meilleurs acteurs, parfois… C’est juste vraiment difficile», admet-elle.
Heureusement, Winstead a trouvé l’inspiration sous la forme d’un livre, The Power of the Actor, qui lui a été offert par le coscénariste et réalisateur du film, James Ponsoldt.
«Un chapitre entier explique comment jouer un ivrogne, explique la comédienne. C’est un peu comme de l’hypnose, en quelque sorte. On s’accompagne soi-même à toutes les étapes de l’état d’ivresse, notre esprit commence à nous jouer des tours et on se sent réellement un peu mou et hors de notre corps. Ça a beaucoup aidé à me débarrasser de l’obsession de savoir si ça sonnait vrai ou non, parce que je me sentais dans un état second, ça c’est sûr.»
Évidemment, cet aspect ne couvre que la moitié du chemin parcouru par son personnage. En guise de recherche pour bien comprendre le scénario, Winstead a assisté pendant un mois à des rencontres des Alcooliques Anonymes à Los Angeles – toujours après avoir été invitée par un membre.
«C’était fantastique. J’étais capable de m’identifier à n’importe qui là-bas, et c’était la première étape, raconte-t-elle. La femme que je joue n’est pas si différente de moi. Elle boit, moi pas beaucoup, mais en dehors de ça, elle est pas mal comme moi. C’était ma première étape pour le comprendre. Par la suite, j’ai dû imaginer ce à quoi j’étais accro dans la vie, mon alcool à moi, en quelque sorte, et traverser le processus des AA… mais avec une autre substance!»
Smashed
En salle vendredi