Les Cowboy Junkies, toujours fringants
Depuis 30 ans, Margo Timmins, chanteuse du renommé groupe country-folk torontois Cowboy Junkies, mène une vie faite de musique. À l’occasion du passage du band à Laval ce soir, elle nous a longuement parlé de sa carrière.
Ce soir à Laval, présenterez-vous principalement des chansons de votre dernier disque, The Wilderness?
En fait, nous faisons deux sets. Le premier, d’une durée d’une heure, est composé de plusieurs chansons des Nomad Series [quadrilogie d’albums dont fait partie The Wilderness]. Ensuite, nous faisons une pause et nous revenons pour jouer tout le vieux stock!
Les fans seront servis, alors!
Oui! On essaye toujours de les combler. On s’entend que notre public n’est pas très jeune, alors se rendre à un show, pour ceux qui nous aiment, c’est vraiment un événement! (Rires) Ils doivent dépenser beaucoup de sous pour le billet, pour la gardienne… Donc, s’il y a des gens qui ont choisi de venir nous voir plutôt que d’aller au cinéma ou souper avec des amis, on doit faire en sorte qu’ils soient super heureux!
Cela fait 30 ans que Cowboy Junkies existe. Vous avez souvent dit que la raison pour laquelle vous êtes restés ensemble si longtemps, c’est parce que vous aimez tous réellement ce que vous faites. Est-ce encore le cas?
Absolument! Je crois même qu’on aime ça de plus en plus. Vous savez, plus on vieillit, plus il faut pouvoir s’accrocher à quelque chose. Et je pense que ce quelque chose, pour Michael, Pete, Al et moi, c’est le groupe. C’est notre échappatoire.
Sur votre dernier disque, vous avez exprimé votre haine du froid montréalais et torontois dans le morceau Fuck, I Hate the Cold! Ça fait du bien?
C’est drôle, je parlais à un journaliste de Barcelone l’autre jour et il me disait : «Je ne comprends pas du tout cette chanson!» (Rires) Je lui ai dit : «Viens don’ faire un tour par chez nous, tu comprendras!» (Rires)
Vous avez déjà dit qu’en tant que chanteuse vous êtes une conteuse et que votre boulot consiste à transmettre des histoires. Y a-t-il «des histoires» que vous aimez raconter plus que d’autres? Celles qui parlent d’amour? De mort?
Hmm… J’imagine que, si je devais choisir, je dirais que ce sont celles qui parlent d’amour et de la difficulté d’aimer quelqu’un. Je crois qu’aimer prend beaucoup de travail. Ce n’est pas toujours amusant. En tant qu’êtres humains, on lutte tous avec nos relations amoureuses.
Peu importe le pays d’où on vient, notre orientation sexuelle, nos croyances, on cherche tous à partager notre vie avec quelqu’un… mais c’est si difficile! Et on y aspire tellement! Donc, lorsque je chante à ce sujet, ça m’émeut et je crois aussi que ça émeut beaucoup, beaucoup de gens. Tout le monde peut s’y identifier… même les habitants de Barcelone! (Rires)
Vous avez aussi dit que vous êtes une femme «qui a eu plusieurs parcours»; que vous avez «choisi volontairement de prendre certains chemins, mais que vous avez été obligée d’en prendre d’autres». Préférez-vous choisir votre route ou être obligée de l’accepter?
Je dois vous avouer que je prends souvent la route la plus facile! (Rires) Je n’aime pas les défis! Si mes frères [Michael, parolier et guitariste, et Peter, batteur] ne m’avaient pas poussée à travailler avec eux, je ne serais probablement jamais devenue chanteuse! Mais puisqu’ils m’ont poussée, j’ai vécu, et je continue de vivre, des choses merveilleuses…
Cowboy Junkies
À la salle André-Mathieu
Jeudi à 20 h