1981 : L'âge de l'insouciance
À 11 ans, on a tous eu envie d’avoir le dernier objet à la mode. À 11 ans, on a tous vécu un coup de foudre impossible. À 11 ans, on a tous cru que ce qu’on vivait de terrible entraînerait forcément la fin du monde. À 11 ans, on a tous menti pour bien paraître devant les copains.
«À 11 ans, t’es rendu là», affirme Jean-Carl Boucher (Un été sans point ni coup sûr), qui interprète Ricardo Trogi dans 1981, le dernier film de ce dernier. Le long métrage du réalisateur d’Horloge biologique et de Québec-Montréal a été présenté hier en ouverture du 33e Festival des films du monde.
1981 retrace une année dans la vie de la famille Trogi, avec Claudio Colangelo dans le rôle du père et Sandrine Bisson dans celui de la mère, mais surtout une année dans la vie de Ricardo.
Le décor est planté au début des années 1980. Les Trogi, une famille plutôt modeste, s’installent dans leur nouvelle résidence, en banlieue de Québec.
Ricardo, lui, n’a que 11 ans et il est le «petit nouveau» d’une classe dont les élèves semblent provenir de milieux plus aisés que le sien.
Pour éviter que les autres enfants découvrent ce qu’il est réellement, Ricardo décide de s’inventer une situation. Jusqu’au jour où…
Une comédie autobiographique
Ricardo Trogi, qui a écrit et scénarisé seul ce film, s’est inspiré de son enfance pour créer cette comédie autobiographique aux accents nostalgiques.
«J’ai voulu voir ce que j’avais à dire sur cette période et j’ai vraiment pris plaisir à écrire, avec des mots d’aujourd’hui, ce qui s’est passé il y a longtemps», confie le réalisateur. Tout
au long du film, sa voix off guide le spectateur qui aurait du mal à suivre cette logique d’enfant. En précisant sa manière de voir les choses en 1981, il rappelle comment on pense à cet âge.
Avec cette troisième Å“uvre, il a voulu livrer son point de vue de gamin de 11 ans. «Je me suis servi de ce qu’on a bien voulu me laisser entendre. À 11 ans, tu entends parler de choses, mais tout reste encore très subjectif», dit Ricardo Trogi.
30 ans après, rien n’a changé
Jean-Carl Boucher, qui, selon le réalisateur, lui ressemble autant sur le plan physique que dans sa manière de s’exprimer au même âge, n’a pas eu de peine à se remémorer comment il était il y a 4 ans, lorsqu’il avait 11 ans. Et il constate que, même si près de 30 années se sont écoulées entre les 11 ans du réalisateur et les siens, rien n’a changé en ce qui a trait au comportement des préados.
«À cet âge-là, ta mère s’est déjà fâchée contre toi et tu as déjà menti pour bien paraître», lance-t-il comme s’il s’agissait d’une évidence.
Durant tout le film, le jeune Ricardo harcèle ses parents au gré de ses envies, lesquels sont nourries par le catalogue Distribution aux consommateurs.
«Aujourd’hui, ce catalogue n’existe peut-être plus, et la montre calculatrice ou le walkman sont passés de mode, mais avec l’internet les jeunes, ils font la même chose. Ils veulent tous la
dernière console à la mode ou le lecteur MP3 dernier cri».
Lorsque le jeune Ricardo arrive dans sa nouvelle école, il a envie d’intégrer le gang des K-way rouges, et pour cela, il va user de stratégie afin de gagner l’amitié de ses membres.
«Les relations entre jeunes sont encore comme ça. Rien n’a changé dans le fond. Il y a des choses qu’il faut avoir pour être cool et faire partie d’un gang.»
Cette comédie autobiographique aux couleurs de l’époque n’est finalement pas si loin des nouvelles générations puisque les thématiques abordées sont toujours d’actualité. 1981 nous laisse comme un goût de nostalgie, un goût de popsicle à la cerise!
1981
En salle dès le 4 septembre