Richard Petit retourne en Afghanistan
Alors que les Afghans sont appelés aux urnes aujourd’hui et qu’il règne un climat de violence en Afghanistan, une délégation d’artistes québécois est en pleine préparation d’un spectacle qu’elle ira présenter dans quatre villes différentes, aux troupes canadiennes, au début du mois de septembre.
L’humoriste Mike Ward et les chanteurs Wilfred LeBouthiller, Émily Bégin et Annie Dufresne seront du voyage, tout comme Richard Petit. Ce dernier, qui n’en est pas à sa première visite en Afghanistan, qui a bien voulu répondre aux questions de Métro.
Vous êtes déjà allé chanter en Afghanistan en 2004 et en 2007. Qu’est-ce qui vous pousse à retourner là-bas?
Les shows qu’on fait là-bas durent deux ou trois heures. Ce sont des shows de variétés. On joue nos chansons, mais aussi plein d’autres tounes, juste des hits. C’est vraiment un gros party!
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué lors de votre première visite?
On n’a pas la chance de visiter, parce qu’on ne sort pas des bases militaires. Ce n’est pas un voyage de tourisme, mais ce qui est marquant, c’est le contact avec les soldats. Il se passe quel-
que chose de spécial avec eux et c’est pour ça que j’y retourne.
Quel soutien les artistes québécois apportent-ils aux soldats?
Ces soldats sont deployés en Afghanistan depuis des mois et tout est vert kaki ou gris dans leur univers. Et là, il y a des artistes colorés qui arrivent et qui chantent des chansons qu’ils connaissent. On leur fait sentir qu’ils ne sont pas oubliés. C’est gratifiant pour eux. Avec le nombre de décès depuis le début de la mission, ils ont besoin de se changer les idées pendant deux heures. On leur rappelle qu’il y a une vie après cette guerre-là.
Est-ce que le climat incertain du pays vous fait peur?
Non. J’ai plus peur d’être pris dans une émeute de la Coupe Stanley sur la rue Sainte-Catherine que d’aller en Afghanistan après les élections!
Est-ce que le fait de vous rendre sur le terrain a modifié votre opinion sur la nécessité de la présence des troupes canadiennes en Afghanistan?
Je ne me prononce pas sur ce que le Canada fait là ou ne fait pas là. Moi, mon job c’est d’aller faire du divertissement.
Qu’est-ce que vous répondez aux artistes qui se voient offrir la possibilité de se produire en Afghanistan et qui refusent par principe?
Les trois dernières tournées là-bas, c’est moi qui les ai produites. C’est moi qui engage les artistes et c’est rare qu’il y en a qui refusent. Si les dates concordent avec leur horaire, ils viennent.