Planète Mika
Peut-on ajouter une neuvième planète au système solaire? Ou à tout le moins rapatrier Pluton pour la renommer Mika?
Car c’est à un voyage au centre de son univers que le jeune auteur-compositeur a convié la salle Wilfrid-Pelletier, hier soir : une fabuleuse odyssée dans un monde où la pop est reine.
Le rideau s’est levé à 21 h, nous laissant entrevoir une lampe sur pied, un téléviseur et un divan orange sur lequel sont venus s’asseoir tour à tour les musiciens du chanteur. Après cette brève introduction, la musique de style Broadway qui résonnait dans les haut-parleurs et les images du dessin animé Tom & Jerry qui défilaient sur l’écran ont fait place à un faux bulletin de nouvelles dans lequel on annonçait l’excursion intergalactique du Libano-Américain.
C’est donc vêtu d’un costume d’astronaute que Mika s’est pointé le bout du nez. Le prodige de 26 ans s’est rapidement débarrassé de son scaphandre, révélant ainsi qu’il ne portait rien d’autre que des boxers.
Après un petit tour dans les coulisses, le phénomène a refait surface sous les cris continus de la foule.
Mika voulait peut-être nous faire croire qu’il avait fait le trajet jusqu’à la Place des Arts en fusée spatiale, mais à son arrivée sur scène, son énergie était telle qu’on aurait juré qu’il venait d’être expulsé de la bouche d’un canon. À mi-chemin entre Mick Jagger et un gamin en manque de Ritalin, Mika a passé la quasi-totalité des deux premiers numéros à sautiller de gauche à droite.
Ironie du sort, c’est avec Relax (Take it Easy), tirée de son premier album, Life in Cartoon Motion, qu’il a ouvert les festivités.
Big Girl a pour sa part eu droit au même traitement que lors de son passage au Centre Bell il y a deux ans : un défilé de femmes bien en chair.
À l’exception de quelques ballades (dont la magnifique Pick Up Off the Floor, extraite de son dernier opus, The Boy Who Knew Too Much), Mika a gardé le pied sur l’accélérateur durant toute la durée du concert.
On soupçonne cependant que, sous cette surabondance de sauts et de courses de tout bord tout côté, se cache une grande timidité, une gêne qui paraissait lorsque le chanteur s’adressait à la foule entre les chansons. Pendant ces allocutions, il peinait à regarder la salle directement, préférant fixer le sol ou cacher ses grands yeux derrière sa crinière bouclée.
N’empêche que, grâce à son sens inné de la mélodie, il nous a fait passer une saprée belle soirée. Parmi les moments forts, citons la dansante Rain, évoquant les belles années des Pet Shop Boys et l’irrésistible Grace Kelly, jouée durant le rappel.