Catherine Durand : C'est le temps de la rentrée!
Un an après la sortie de son quatrième album, CÅ“urs migratoires, Catherine Durand s’apprête à monter sur la scène du Lion d’Or deux fois plutôt qu’une pour la rentrée montréalaise de son tout nouveau spectacle.
À l’autre bout du fil, la chanteuse se dit stressée à l’idée de jouer devant journalistes, amis, famille et fans, mais assure avoir une confiance aveugle dans l’équipe de musiciens qui l’accompagnera.
«Ce qui me stresse le plus, en fait, c’est ma voix et mes blancs de mémoire, avoue l’auteure, compositrice et interprète. À chaque show, j’oublie un petit quelque chose!»
La pression est d’autant plus forte pour l’artiste qui n’a recueilli que des éloges avec son quatrième opus, lequel propose un folk planant des plus accrocheur.
«Que les gens aient des attentes ou non, ça m’est égal; moi j’en ai, affirme Catherine Durand. J’ai été choyée jusqu’à maintenant, je n’ai jamais eu de mauvaises critiques dans ma carrière, autant pour mes disques que pour mes shows. Je me dis qu’un jour, je recevrai sûrement un pot, mais pour l’instant, je préfère recevoir les fleurs!»
Des fleurs, l’ancienne camerawoman de MusiquePlus devenue musicienne en a pas mal reçu cette année, notamment après avoir relevé haut la main un des plus grands défis de sa carrière : assurer la première partie des spectacles de Francis Cabrel au Québec.
«Le public de Cabrel a été tellement fin avec moi et tellement attentif, se souvient-elle. On n’entendait pas une mouche voler pendant la première partie.»
En plus de lui assurer un nouveau bassin de fans, cette expérience a été des plus enrichissantes pour Catherine Durand, qui a pu fouler des scènes sur lesquelles elle n’avait jamais pensé se produire un jour.
«C’est indescriptible tout ce que m’a apporté cette expérience, dit-elle. Jouer dans des salles de 1 200 places, je n’ai pas l’occasion de faire ça. Je ne vends pas assez de disques pour remplir le St-Denis quatre soirs de suite! J’ai profité de chaque moment de cette tournée, parce que je savais que je ne referais sûrement pas le St-Denis dans ma vie. À moins que je ne devienne humoriste!.»
Trouver sa voie
Faisant son petit bonhomme de chemin dans le paysage musical québécois depuis plus d’une dizaine d’années, Catherine Durand n’est pas une artiste qui fait beaucoup de bruit et n’a jamais été la saveur du moment.
La chanteuse ne souhaite qu’une chose : continuer à pouvoir vivre de sa musique et à faire des disques.
«Je n’ai pas de disque d’or, je n’ai pas de Félix, je n’ai rien de ça, mais ce n’est pas grave, confie-t-elle. C’est sûr que j’aimerais ça, mais j’ai la chance de vivre de mon métier et c’est ce qui est le plus précieux pour moi. Je préfère vendre moins de disques, mais durer plus longtemps, que d’avoir un mégasuccès, vendre 200 000 albums et tomber dans l’oubli trois ans plus tard.»
Si la guitariste peut parler avec une telle confiance, c’est qu’elle affirme avoir trouvé sa voie, sa signature en tant qu’artiste. Maintenant, elle fait exactement le genre de musique qu’elle a toujours rêvé de faire, et dans les conditions dans lesquelles elle a toujours rêvé d’en faire.
«Pour mes deux premiers albums, j’ai travaillé à Toronto avec un réalisateur anglophone, explique-t-elle. Mais au fil des années, j’ai réalisé ce qui me correspondait vraiment. J’ai décidé de faire un album -Diaporama en 2005 -, plus acoustique, plus folk, de l’autoproduire et de le coréaliser. Quand ç’a été le temps de faire CÅ“urs migratoires, naturellement, je suis retournée vers ce son-là en poussant plus loin les orchestrations et les sonorités pour amener quelque chose de nouveau.»
Catherine Durand
Au Lion d’Or
Ce soir et jeudi