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Tim Burton: L'amoureux des marginaux

Ned Ehrbar - Metro World News

Vingt-cinq ans après son premier long métrage, Pee-wee’s Big Adventure, le réalisateur Tim Burton continue de défier la catégorisation en explorant l’animation, les bandes dessinées, les comédies musicales et les histoires de fantôme.

Toutefois, une constante se dégage de son Å“uvre : son intérêt pour les marginaux, de Pee-wee à Sweeney Todd, en passant par Batman et Beetlejuice. Dans le film en 3D Alice in Wonderland, produit par Disney avec un gros budget, Tim Burton s’attaque à l’un des personnages les plus marginaux de la littérature. Le cinéaste a rencontré l’équipe de Métro pour discuter des douleurs de croissance, de l’animation en 3D et de la jeunesse effrayante de Pee-wee Herman.  

Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter de faire Alice in Wonderland?
Toutes les autres versions du film avaient le même problème : elles étaient très froides à l’égard de ce petit prodige et de cette bande de personnages étranges. Elles créaient toujours un effet de distance. Malgré tout, ces personnages ont un petit quelque chose qui s’incruste dans le subconscient. Pensez aux clips de Tom Petty, à Jefferson Air plane et à tous ces illustrateurs. Leur influence continue de ressortir dans l’Å“uvre d’autres personnes.

D’où vient l’idée de vieillir Alice?
L’idée, c’était de la placer dans une période de la vie où l’on se sent confus, mal à l’aise. On a l’impression d’être ni un enfant ni un adulte. D’un point de vue psychologique, cette décision s’imposait.

Comment Alice s’intègre-t-elle dans votre série de personnages marginaux?
C’est plus interne et serein. Mais j’ai compris son sentiment de malaise durant cette période de la vie. À vrai dire, c’est triste. On n’est à sa place nulle part. Je comprenais la mélancolie qui s’y rattachait. Les garçons comme les filles éprouvent ces sentiments. C’est universel.

Qu’est-ce qui a motivé la décision d’en faire un film en 3D?

Les gens de Disney ont lancé l’idée de faire Alice in Wonderland en 3D. La combinaison des deux m’a frappé. Ce n’est pas une stratégie publicitaire.  La technique est primordiale. Pendant 10 ans, j’ai exigé que l’approche image par image soit utilisée pour Nightmare Before Christmas. En raison de la nature psychédélique d’Alice in Wonderland, de l’aspect spatial ou de l’effet aspirant de la 3D, ça semblait bien convenir.  

Vous finissez toujours par retravailler avec Johnny Depp et Helena Bonham Carter…
Je ne m’écarte pas vraiment de mes principes. Johnny et moi ne travaillerions pas ensemble simplement pour travailler ensemble, parce qu’il est très important pour nous d’essayer de faire un bon film. Je dirais la même chose pour Helena.

Pee-wee Herman fait un retour. Avez-vous l’intention de tourner un autre film?
Non, non. Mais c’est amusant. Je me souviens précisément que, pendant que nous tournions Pee-wee’s Big Adventure (ça remonte à quand?), nous faisions des blagues concernant le tournage d’un autre film 20 ou 30 ans plus tard, du genre Whatever Happened to Baby Jane. Mais nous n’avons pas besoin de le faire parce qu’il n’a pas changé. Il n’a tellement pas changé depuis ses dernières émissions que ça donne la chair de poule. J’avais l’impression de retourner en arrière.

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