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Une mamie enchanteresse

Jérôme Vermelin - Métro France à Cannes

Le cinéaste coréen Lee Chang-dong livre un nouveau portrait de femme aussi complexe qu’émouvant avec Poetry.

Trois ans après avoir offert un rôle en or à Jeon Do-yeon dans Secret Sunshine, récompensée du prix d’interprétation féminine sur la Croisette, le cinéaste coréen Lee Chang-dong livre un nouveau portrait de femme aussi complexe qu’émouvant avec Poetry.

Mija (Yun Junghee), son héroïne, est une grand-mère coquette qui élève son petit-fils accroc aux jeux vidéos et assure sa retraite en faisant le ménage et la toilette d’un vieux monsieur handicapé. Alors qu’elle décide de prendre des cours de poésie, un événement dramatique vient bouleverser ses plans…

Dès la scène d’ouverture, au cours de laquelle un groupe d’enfants découvre un cadavre flottant dans une rivière, par une belle journée ensoleillée, on reconnaît la patte de l’auteur d’Oasis et Peppermint Candy.

Le drame est implicite, mais Lee Chang-dong ne verse jamais dans le spectaculaire. Il préfère épouser le rythme de son héroïsme, rongée par l’Alzheimer, et sans doute épuisée par une vie de petites souffrances.

Mija refuse d’affronter la réalité, mais ce n’est qu’en se libérant de ce dernier affront de l’existence qu’elle laissera éclater l’inspiration. Lee Chang-dong n’est pas un grand styliste, certes. Mais sa délicieuse direction d’acteurs remporte une nouvelle fois la mise. Verra-t-on Yun Junghee dimanche au palmarès?

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