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Le désir de silence

Clic, clic. C’est le bruit d’un appareil photo qui, dans l’histoire du cinéma, a inspiré notamment la fascination (Blow-Up) et la peur (Shutter). Dans Tromper le silence, de Julie Hivon, c’est l’appareil qui permet à Viviane (Suzanne Clément) de se couper momentanément du monde, un filtre pour éviter de souffrir. Elle s’attache cependant à Guillaume (Maxime Dumontier), un de ses modèles qui cache une plaie béante.

«Il y a quelque chose qu’elle a coupé un moment donné, raconte en riant Suzanne Clément. C’est quelqu’un qui se protège beaucoup grâce à son appareil photo. En jouant ce rôle, l’appareil est devenu com­me un ami pour elle…» «Au début, j’avais un rapport d’amour-haine avec le scénario, poursuit celle qui figure aussi au générique d’Y’ en aura pas de facile. Tout repose sur le non-dit, on ne donne pas trop d’informations. Je trouvais le scénario super bon, mais je me demandais si ça marcherait, si le spectateur allait tout saisir.»

La réalisatrice et scénariste Julie Hivon a imaginé cette rencontre entre deux âmes à la dérive, qui survivent de peine et de misère, afin d’explorer la notion de regrets et le long processus de la guérison. «Ce sont deux personnages qui sont alourdis à cause de choses qu’ils ne se pardonnent pas, explique Julie Hivon, qui en est à son second film après Crème glacée, chocolat et autres consolations en 2001. De tous les sentiments, la culpabilité est un des pires à éprouver. C’est un poison de se sentir coupable de quelque chose.»

Le film joue la carte de la simplicité et de la sobriété, développant un univers volontairement urbain baigné par la lumière naturelle. Une démarche minimaliste qui, aux dires de la cinéaste, a été influencée par les opus des frères Dardenne et de Gus Vant San. Ce travail de mise en scène s’articule autour de nombreuses heures de répétitions et, surtout, d’un solide duo de comédiens.

«J’ai fait un processus d’auditions, car je ne travaille pas avec une personne précise en tête, explique celle qui a également touché à la télévision et à la littérature. Je sais très bien que je fais des films de personnages. C’est sûr qu’ils portent tous les deux le projet sur leurs épaules. Si le casting est off, je suis complètement perdue.»

Une empreinte formelle
entrevue. Peu importe ce que joue Maxime Dumontier, il est encore associé à Tout est parfait, le douloureux drame sur fond de suicides d’Yves Christian Fournier. Le voilà à nouveau replongé du côté sombre de l’existence, dans ce film où il interprète Guillaume, un être autodestructeur. «On me donne souvent des rôles comme ça, avoue ce passionné du septième art. Je dois avoir cette énergie-là, cette nonchalance-là. Pourtant, c’est quelque chose qui est tellement loin de moi… Je suis un gars drôle qui aime rire. C’est sûr que j’aimerais faire autre chose, je ne m’en cache pas, mais j’aime aussi interpréter ce genre de personnage.» 

Tromper le silence
En salle le 3 septembre

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