Le théâtre de la Manufacture dévoile sa programmation
C’est une saison sous le signe de l’itinérance qui s’annonce pour la compagnie théâtrale La Manufacture. À cause des travaux de rénovation qui auront lieu toute l’année au théâtre de La Licorne, les productions se promèneront entre les salles de l’Espace Go, du Rideau Vert et même du théâtre Jean-Duceppe. Mais Denis Bernard, directeur artistique de La Manufacture, promet tout de même une «dramaturgie aux couleurs de La Licorne».
«Je me rends compte que le phénomène identitaire est sous-jacent dans tous les spectacles que j’ai choisis, dit-il. Pour moi, venir au théâtre, c’est une forme d’engagement envers sa société. J’ai horreur des calories vides en théâtre; je veux que La Licorne remplisse son mandat de rassemblement, que les gens viennent réfléchir de façon ludique. Mes choix dramaturgiques vont dans ce sens-là.»
C’est la pièce Après la fin, mise en scène par Maxime Denommée et déjà montée à La Licorne en 2008, qui ouvrira la saison à L’Espace Go. «C’est une pièce qui a été écrite par Dennis Kelly, un jeune auteur anglais extrêmement prometteur, explique Denis Bernard. Le spectacle sera d’ailleurs en tournée de septembre à décembre et s’arrêtera à Montréal en octobre.»
L’Espace Go verra aussi cet automne la création de Yellow Moon – la ballade de Layla et Lee, mettant en vedette Sylvie De Morais et Benoît Drouin-Germain. «C’est une pièce fabuleuse de l’auteur écossais David Greig, mise en scène par Sylvain Bélanger, qui a monté Félicité l’an dernier. J’ai beaucoup apprécié son travail parce que c’est quelqu’un qui est très exigeant dans sa direction d’acteur, et comme c’est une pièce basée sur la performance des acteurs, c’était essentiel», dit le directeur artistique. La pièce raconte l’histoire d’un Anglais dont le rêve est de devenir «le plus grand pimp au monde» et qui rencontre une musulmane qui pratique la scarification. «C’est un récit épique sur la quête d’identité… Ça colle parfaitement au style de La Manufacture», ajoute Denis Bernard.
Comme chaque année, une pièce sera reprise durant l’hiver au Théâtre du Rideau Vert; il s’agit de Pillowman, de Martin McDonagh, mise en scène par Denis Bernard. «C’est le texte dramatique le plus fort que j’aie jamais monté, affirme celui-ci. Une Å“uvre à la fois très dure et d’une grande humanité.» Antoine Bertrand, David Boutin et les autres y reprendront les rôles qu’ils tenaient en 2009.
Pour clore la saison, on verra Normand Daneau, Valérie Blais, Marie-France Lambert et Rachel Graton dans la pièce Attends-moi, de Kristen Thompson, mise en scène par Marie Charlebois. Si la programmation est très axée sur le théâtre «anglo-européen», Denis Bernard se dit curieux d’explorer éventuellement d’autres horizons, comme le théâtre scandinave. «C’est certain que la saison 2011-2012 s’ouvrira avec une pièce québécoise dans La Licorne rénovée, dit-il. C’est important pour moi qu’une compagnie comme La Manufacture développe des textes pour sa propre dramaturgie.»