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Le yoga qui fait du bien

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Même s’il a eu besoin de quatre ans pour tourner Planète Yoga, docu­mentaire sur cette prati­que qui croît en popularité, Carlos Ferrand en a apprécié chaque instant. «Personne n’utilise le yoga pour faire du mal, explique-t-il. Le yoga privilégie la paix, la rencontre entre les êtres, l’inclusion. C’était donc très agréable de vivre là-dedans pendant quatre ans.» Métro a parlé au cinéaste.


Au début du film, vous dites que, de prime abord, vous n’adhériez pas à la discipline du yoga. Votre avis a changé?

J’ai toujours été intéressé par la connexion entre le corps et l’esprit. J »avais déjà essayé le yoga, et ça n’avait pas vraiment fonctionné pour moi, mais quand le film est arrivé, doucement, je me suis fait prendre à mon propre jeu.  


Vous avez rencontré de nombreux intervenants; comment êtes-vous entré en contact avec eux?

J’ai fait une première année de recherche et de lectures. J’étais un peu méfiant à l’égard de cette pratique et j’ai dû passer par-dessus mes idées reçues. Ensuite, j’ai sélectionné des gens avec qui on se sent bien et qui représentent un visage inhabituel du yoga.


Vous présentez d’ailleurs beaucoup le yoga comme une discipline qui soigne, qui fait du bien…

Oui. La forme de yoga qui me paraît la moins intéressan­te, c’est celle qu’on pratique tout seul dans le fond d’une chambre. Je trouve que c’est une pratique tellement bé­né­­fique que plus ça touche d’autres gens, mieux c’est. J’ai été naturellement attiré par ceux qui offrent le yoga à ceux qui souf­frent, pour les soulager.


Les gens acceptaient-ils d’emblée de témoigner, alors qu’il y avait une caméra dans la pièce?

Les moines du monastère en Inde, au départ, étaient un peu méfiants. Quand on voyage, on n’arrive pas chez les gens en braquant sur eux une caméra, il faut d’abord gagner leur con-fiance. Il y a des endroits où je n’ai pas pu filmer, par exemple une prison au Canada où il y avait un programme de yoga. Les gens qui s’occupent du programme ne voulaient pas. Ils avaient peur que Harper coupe les fonds d’un programme qui fait du bien, puisque la prison est censée punir.


Avez-vous fait des découvertes qui vous ont surpris au cours du tournage?

Je me suis rendu compte que beaucoup de gens confondent spiritualité et religion. Il y a un préjugé immense, on est en réaction, en Occident, contre les religions qui ont abusé de leur pouvoir, et dès qu’on parle de quelque chose qui y ressemble, les gens se rebiffent. Mais c’est jeter le bébé avec l’eau du bain, parce que la spiritualité est une chose totalement différente.

Planète Yoga
En salle dès vendredi

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