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Des Cowboys toujours dans le vent

La chanson Paris-Montréal a suscité de vives réactions auprès des fans des Cowboys Fringants dans les jours qui ont suivi sa sortie, le mois dernier. Alors que plusieurs saluaient l’esprit rassembleur du titre, d’autres critiquaient son petit côté franchouillard. Sur la page Facebook du groupe, certains internautes reprochaient au quatuor québécois d’avoir pondu une pièce faite sur mesure pour l’Hexagone, écorchant au passage l’accent français emprunté par le chanteur Karl Tremblay.

«On s’attendait à ce genre de commentaires», admet le bassiste Jérôme Dupras. «Les critiques, il faut en prendre pis en laisser : tu ne peux pas faire l’unanimité, ajoute Jean-François Pauzé. Cela dit, je ne trouve pas que Karl chante à la française sur Paris-Montréal; il chante juste bien.»

Inspiré par les centaines de spectacles que le groupe a donnés au cours des trois dernières années, le nouvel album de la formation, Que du vent, offre un son plus rock que son prédécesseur, L’expédition (2008). «En spectacle, les gens aiment ça quand ça bouge. Ils veulent faire la fête, observe Pauzé. Les chansons de L’expédition se prêtaient moins à ça au début de la tournée. Ça nous manquait et ça manquait au public. C’est pour ça qu’on les a rendues plus festives au fil du temps.»

Comme tout bon disque des Cowboys Fringants, Que du vent contient plusieurs titres engagés, à commen­cer par Classe moyenne (avec anchois), qui s’attarde aux travers de notre société de consommation. Signée par Jean-François Pauzé, cette chanson pourrait servir d’hymne aux indignés
du mouvement Occupons Montréal, qui campent présentement au square Victoria. «C’est beau de voir qu’il y a encore des gens qui croient que ça peut changer des choses, même si on sait que les manifestations, c’est souvent des coups d’épée dans l’eau, affirme Karl Tremblay. C’est avec notre musique qu’on participe à cette indignation-là. C’est notre manière de dire que nous aussi, on est en désaccord avec plein de pratiques qui ont cours.»

Bien que les Cowboys traitent de la dure réalité économique dans Shooters (dédiée aux 1 300 ouvriers qui ont perdu leur travail l’hiver dernier à la suite de la fermeture de l’usine d’Elec­trolux à L’Assomption), le groupe n’hésite pas à montrer son petit côté givré sur Hasbeen (On est des). «On s’autoproclame has been avant que les autres le fassent!» s’exclame Jean-François Pauzé.

En décembre prochain, les Cowboys entameront une tournée de spectacles qui les mènera partout au Québec. Ils profiteront de l’occasion pour traverser l’Atlantique et présenter quelques concerts en Suisse, en Belgique et en France, où ils se produiront trois soirs à l’Olympia de Paris. Pas pire, pour une bande de soi-disant has been!

Objectif Paris?
Les signes sont parfois trompeurs. Un premier extrait, qui rappelle les belles années de Louise Attaque, trois concerts prévus à l’Olympia de Paris… Contrairement aux apparences, Les Cowboys Fringants n’ont pas d’objectif précis en ce qui a trait à la France, où ils connaissent un joli succès depuis 2004. «On est très contents de la tournure des événements. Notre public s’est élargi, et les salles où on se produit ont grossi, mais on n’a pas de plan précis. On n’ira pas s’établir là-bas», dit Marie-Annick Lépine.

Que du vent
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