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Mesnak: Nous étions guerriers

Un jeune homme (Victor Andrés Trelles Turgeon) à la recherche de sa mère biologique est initié au quotidien d’une communauté autochtone. Une réalité trop rarement montrée à l’écran, qui devient le sujet de Mesnak, le premier film d’Yves Sioui Durand, le créateur de la troupe de théâtre Ondinnok.


Qu’est-ce que ça fait d’avoir réalisé le premier long métrage de fiction tourné par un membre des
Premières Nations au Québec?
C’est un honneur, une grande fierté. Il était tant que ça arrive! C’est un accomplissement dans l’humilité. Ce n’est pas quelque chose de prétentieux. C’est un objet filmique qui arrive avec sa valeur à travers notre cinématographie québécoise et qui va changer les choses. C’est aussi la naissance d’une cinématographie.


Pourquoi il n’y en a pas eu avant?

Pour toutes sortes de raisons. Les institutions au Québec sont tournées vers le centre, le monde québécois. Il y a comme une espèce d’ethnocentrisme. En même temps, je pense qu’on n’était pas prêts. Nous, les autochtones, en termes d’évolution dans le temps, d’apprentissage, pour faire de la fiction, il fallait avoir appris certaines choses…


Vous êtes bien entouré. De Robert Morin et Louis Hamelin, qui ont participé au scénario, à André Melançon, Louis Bélanger et Denis Chouinard, qui vous ont aidé à la réalisation…

Tout le monde voulait que ce film se fasse et qu’il se fasse bien. J’avais beaucoup à apprendre très rapidement… Au niveau de l’écriture, avec Robert et Louis, ç’a été une aventure intellectuelle et humaine extraordinaire, fantastique. Et Denis, Louis et André m’ont conseillé pour que je puisse m’adapter au processus de réalisation qui est extrêmement exigeant. Ça demande une constance, une vision, une intégrité, une capacité à savoir c’est quoi le cinéma pour arriver à bien faire les choses.


Mesnak se déroule dans un univers sombre marqué par la violence, la pauvreté, l’alcoolisme…

Je ne pouvais pas éviter ça. C’est une partie de la réalité qui amène beaucoup de souffrances. Mon film dénonce un monde qui est en train de perdre ses repères, où il y a une certaine corruption des esprits, des institutions politiques, etc. C’est important pour moi que ça soit montré. Il ne s’agissait pas non plus de faire un film sur la misère, parce que la réalité est pire encore. Il y a des communautés qui sont de véritables histoires d’horreur. Ce sont des gens qui ont malheureusement été complètement oubliés par le système et qui sont tombés en déliquescence et en décadence… Le film se veut aussi un avertissement. Si on ne fait rien, on rentre dans le mur. Si on ne prend pas confiance et si on n’essaye pas de sauver la prochaine génération, c’est sûr qu’il n’y a pas d’avenir. Et c’est maintenant qu’il faut réagir. Ce n’est pas juste une question de sous, mais de volonté, de conscience, de lucidité sur la situation actuelle.

Mesnak
En salle dès vendredi

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