Tadashi Okuno, un héros très discret dans Like Someone in Love
Il n’avait jamais quitté son Japon natal. Ni entendu parler d’Abbas Kiarostami. À 82 ans, Tadashi Okuno, rencontré au dernier Festival de Cannes, y a vécu un rêve éveillé. «J’avais vu des images du Festival, mais je ne pensais pas que c’était aussi incroyable, s’amuse l’élégant comédien. Je suis à la fois surpris par l’agitation et ému de voir enfin de mes propres yeux tous ces merveilleux paysages.»
Si ce comédien de théâtre et de séries nippones se retrouve aujourd’hui sur le devant de la scène, c’est grâce au réalisateur iranien Abbas Kiarostami qui l’a choisi pour jouer le rôle principal de Like Someone in Love, l’histoire d’un vieux professeur à la retraite qui se prend d’affection pour une call-girl qui pourrait bien être sa petite-fille.
Comment un comédien japonais aussi discret s’est-il retrouvé à jouer dans un film du maître du cinéma iranien? «J’ai tout simplement passé une audition. Mais je ne m’attendais pas à être retenu, car je le suis rarement», plaisante Tadashi Okuno, habituellement abonné aux seconds rôles. «Les petits rôles ne me dérangent pas, avoue-t-il. On a moins de responsabilités. C’est un choix plus confortable.»
Pour tourner sous la direction d’Abbas Kiarostami, Tadashi Okuno a dû s’adapter à la méthode de travail plutôt particulière du cinéaste. «Avec lui, c’est impossible de se préparer, car il ne nous donne pas de scénario avant le tournage, poursuit le comédien. Il n’aime pas que les acteurs composent. Il recherche le naturel et la spontanéité. Au départ, ça m’a beaucoup perturbé. Mais ensuite, j’ai compris son intention et j’ai trouvé ma place».
Pas facile non plus, avec la barrière de la langue, de toujours bien se comprendre. «C’est l’assistante de Kiarostami, qui vit au Japon depuis plus de 30 ans, qui faisait la traduction. Mais comme le scénario évoluait de jour en jour, nous avions pour consigne d’improviser les dialogues autour du sens général.»
Like Someone in Love
En salle dès vendredi