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Eiffel fait durer le plaisir

Survivant des années 1990, le groupe français Eiffel s’est offert une seconde jeunesse avec Foule Monstre, cinquième album aux sonorités plus pop dont il vient présenter les pièces à Montréal cette semaine. Rencontre avec Romain Humeau, le bouillonnant leader de la formation.

Romain Humeau est une chanson à lui tout seul. Une chanson qui aurait des tripes et pas mal de fougue. Pourquoi pas «libre», l’un des titres phare du nouvel album de son groupe Eiffel, Foule Monstre (PIAS). Une photographie éclectique de notre époque, qui navigue entre paranoïa, identité nationale et révolutions arabes. «Je ne crois pas que le sens d’un morceau soit prédéterminé, tempère Romain, l’actualité peut même le nourrir après coup. Ce sont des chansons réalistes, mais le réel est nourri de l’imaginaire de chacun.»

Il faut dire que le cerveau de Romain Humeau bouillonne d’imagination. Depuis la fin des années 1990, son groupe a déjà construit une discographie solide, jalonnée de brûlots électriques et libertaires. Avec un style inimitable, qui s’appuie sur l’écriture imagée et la voix rocailleuse de son leader.

En duo avec Bertrand Cantat

Débarqué de chez EMI en 2007, Eiffel a bénéficié d’un nouveau coup de projecteur en 2010 en accueillant Bertrand Cantat sur scène dans le cadre du Festival des Terres Neuves de Bègles. L’ex-leader de Noir Désir était revenu après une longue interruption consécutive à sa condamnation. Un événement qui a permis de relancer la carrière du groupe, l’album suivant, À tout moment, s’écoulant à plus de 50 000 exemplaires.

Son successeur, dans les bacs cette semaine, comporte d’ailleurs un nouveau duo avec Bertrand Cantat, l’excellent titre Lust of Power. «Ça fait plusieurs années que je suis ami avec lui, confie Romain, on avait fait un duo sur le dernier album et on voulait absolument retenter l’expérience. Je n’ai pas envie de le juger sur ce qu’il a fait.»

Un groupe de pop avant tout
Rassuré par cette nouvelle exposition médiatique, le groupe a souhaité expérimenter des sonorités plus ouvertes sur Foule monstre. «On avait envie de mettre en valeur l’aspect pop et harmonique du groupe, pour gagner en profondeur et en puissance, explique le chanteur. On a trop tendance à nous mettre dans la case du rock français, alors qu’on a toujours été un groupe de pop.»

Fervent admirateur de Boris Vian ou Léo Ferré, Romain Humeau puise également son inspiration dans les brèves de comptoir ou les petites annonces placardées dans les magasins. «Les gens dans les bars peuvent sortir des vérités absolues, explique Romain qui compare son travail à un «travelling littéraire». «Je n’ai jamais aucune certitude, mais j’essaye toujours d’écrire des paroles qui se baladent physiquement. Pour moi, les chansons sont des réservoirs dans lesquels on entre et on sort comme on le souhaite.» Nous, on reste à bord.

Eiffel
À l’Astral
Mercredi à 19 h 30
FrancoFolies

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