Critiques CD: KT Tunstall, Kanye West, Goo Goo Dolls…
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de KT Tunstall, Kanye West, Goo Goo Dolls, Stéphane Côté, Melissmell et Granville.
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Émouvante KT KT Tunstall Invisible Empire // Crescent Moon Note: |
Pour ce cinquième album, l’Écossaise a été inspirée par le désert de Tucson, en Arizona, où elle l’a enregistré avec l’aide du chanteur Howe Gelb, un vieux routier de l’americana. Un CD en deux parties, pour deux sortes de deuil : la mort de son père et la séparation d’avec son mari. De vieilles bandes ont été utilisées pour l’enregistrement, d’où les imperfections sonores qui ajoutent à l’ambiance un peu folk, un peu country. KT est sans conteste au sommet de son talent vocal, un atout appuyé par une réalisation qui lui laisse plus de place et par des textes poignants. Comme quoi de belles choses peuvent s’élever des cendres… KT Tunstall sera en spectacle à Montréal le 21 septembre.
– Josie Desmarais
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Quand Dieu rappe Kanye West Yeezus Note: |
Pris en main à la dernière minute par Rick Rubin, Yeezus est plus dur d’approche qu’un 808s . Pas de mélodies qui coulent, pas de violons… Plus électro, le sixième KW est aussi, oui, plus minimaliste et violent. Le rappeur de Chicago se fâche, affirme qu’il est une déité, exige des «croissants» dans son «French restaurant» et cherche ses 300 Trojans. N’empêche, malgré son côté anguleux, Yeezus permet de prendre toute la mesure de la démesure visionnaire de West qui dès le départ rappelle son Stronger («I need you right now!») et signe un ambitieux Blood on Leaves en utilisant un sample de Strange Fruit chanté par Nina Simone. Parmi les meilleurs moments, notons Bound 2, pièce finale old school et soul au possible. «Uh-huh, honey?» Uh-huh, Kanye.
– Natalia Wysocka
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À numéros Goo Goo Dolls Magnetic Note: |
Dixième album de ce groupe américain originaire de Buffalo, qui propose ses compositions depuis plus de 25 ans. Si, au début de sa carrière, on pouvait classer sa musique dans une catégorie proche de l’alternatif, cet album est résolument pop-rock. La très grande majorité des 11 chansons du CD pourrait passer à la radio commerciale d’aujourd’hui sans problème. Cela donne un album très agréable et accrocheur dès la première écoute. Pour ce qui est de l’originalité, toutefois, on repassera. Ça sonne plutôt pop à numéros. De la bonne pop à numéros… mais de la pop à numéros quand même.
– Eric Aussant
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Réconfort estival Stéphane Côté Ballon d’héliHomme Note: |
Pour son quatrième opus, Stéphane Côté nous offre une heureuse collaboration avec le multi-instrumentiste Éric Goulet. Dans un album plus introspectif, celui qui s’est fait connaître au Festival en chanson de Petite-Vallée tangue entre la légèreté et les revers de la vie et s’éloigne des anecdotes de conteur qu’on lui connaît. Des textes qui valent la peine de se laisser découvrir coulent dans un ensemble moins folklorique et plus country folk. Coup de cœur pour En attendant l’hécatombe, mais certains morceaux, comme Je le savais, glissent un peu trop dans la lourdeur lassante. Stéphane Côté se produira ce soir dans le cadre des FrancoFolies, en première partie d’Amélie Veille.
– Émilie Bergeron
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À apprivoiser Melissmell Droit dans la gueule du loup Note: |
Il est possible que plusieurs écoutes soient nécessaires pour commencer à vraiment apprécier ce deuxième album de la Française Melissmell. Non pas parce que sa voix dérange – au contraire, un timbre rocailleux de rockeuse qui fait changement des filets de voix qui ont la cote dans l’Hexagone –, mais plutôt parce que cette voix donne l’impression que la chanteuse livre toutes ses pièces un peu de la même manière, de sorte qu’on a le sentiment de réentendre la même chanson encore et encore. Toutefois, quand on s’y attarde, on découvre des textes incisifs et percutants, et on se prend d’affection pour plusieurs des morceaux, dont les très belles La route et Déserteur, ou la fantastique Rock’n’roll.
– Jessica Émond-Ferrat
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Pénible Granville Les voiles Note: |
Le premier album de ce groupe du nord de la France sonne comme un disque des années rock’n’roll, 1950-1960. Il propose des chansons accrocheuses, sautillantes, assez pour avoir envie de les affubler du titre de yéyé. Plutôt lo-fi, le CD semble avoir été enregistré avec les moyens du bord, ce qui fait partie du côté charmant. Puis il y a la voix de la chanteuse. Pour être gentil, disons qu’elle ne fera pas l’unanimité. Certains diront qu’elle est carrément insupportable. La prononciation est impossible, c’est tout sauf naturel. Peut-être la chanteuse voulait-elle trop en faire? Est-ce qu’il existe une version instrumentale de ce disque?
– Eric Aussant





