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Cirque: Une jeune troupe ramène l’hiver

Photo: Isabel Rancier

Théâtre, opéra, poésie et cirque sont réunis dès ce soir dans un Voyage d’hiver qui compte, bourrasque par bourrasque, redonner au public le temps de la contemplation et du sacré.

Inspirée de la pièce de Schubert et née de la rencontre entre Benoit Landry, venu du théâtre et de la musique, et Anna Ward, artiste de cirque, cette production marque un tournant pour la jeune troupe Nord Nord Est.

Le comédien de formation et fondateur de la compagnie, Benoît Landry, mijotait l’idée du Voyage d’hiver depuis plusieurs années déjà. «Ce qui m’intéressait, c’était beaucoup le climat de l’hiver, au sens propre comme au sens figuré», lance d’emblée celui pour qui cette saison est un espace de création fécond. Le but n’était pas d’explorer chacune des 24 histoires imaginées par Schubert, mais d’en transposer les fondements dans l’ère moderne, où la magie disparaît, se désole Benoit Landry. «Aujourd’hui,  c’est presque rendu à la mode d’être cynique, c’est comme un gage d’intelligence de ne plus avoir foi en l’amour ou en l’humanité… et je crois que c’est dommage.»

L’hiver permet, selon le metteur en scène, d’outrepasser ce «manque d’intérêt pour l’invisible» et donne l’occasion «d’hiberner» sur un monde d’idées. «Je pense qu’on a le pouvoir de s’élever au-dessus de nos bassesses, mais pour ça, il faut croire en l’humanité. C’est un peu ça qu’on voulait faire avec le show, jeter un regard de foi sur notre espèce», explique le directeur artistique de Nord Nord Est, qui présente cette réflexion au moyen du théâtre d’image.

La rencontre de Benoit Landry et de l’univers du cirque ne date pas d’hier. Dès sa sortie du collège Lionel-Groulx, où il étudiait en théâtre musical, il se joint à l’équipe du cirque Éloize pour la conception de Rain. Le voyage d’hiver est pour sa part né de sa rencontre déterminante avec l’artiste de cirque Anna Ward. Trapéziste de formation, elle avait auparavant œuvré au sein du Cirque du Soleil et des 7 doigts de la main.

«On est partis d’une démarche visuelle, d’objets ou d’ambiances qu’on voulait exploiter, et on a tissé», explique Benoit Landry, résumant ainsi la démarche du théâtre d’image. À partir de là, la mise en commun des univers théâtral et circassien s’est faite naturellement. La production a continué à prendre forme en pièces détachées, avec le concours de collaborateurs telle Isabelle Dupont, qui signe le recueil de textes.

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Une fois l’idée germée, l’hiver a pu par moments être aride… Mais l’an dernier, le casse-tête s’est véritablement assemblé au Monument-National, où le projet, encore expérimental, était accueilli en résidence. Le jeune homme explique comment tous les éléments sont devenus les «épices» d’un spectacle qui, à cette étape du processus, était principalement un show d’éclairages et de sons.

De concert, Benoit Landry et Anna Ward ont tenu à mettre sur un pied d’égalité les acrobaties et les images scéniques, la conception sonore et le jeu. Leur démarche a été multidisciplinaire dès le départ. «En ce moment, tous les shows de cirque sont multidisciplinaires, c’est quasiment cliché de qualifier le cirque de “multidisciplinaire”». Mais dans le cas du Voyage d’hiver, nuance-t-il, la multidisciplinarité tient au fait qu’il y a sur scène des artistes de différents horizons qui sortent de leur zone de confort.

Le voyage d’hiver
À Espace Go
Ce lundi, mardi et mercredi à 20 h

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