Cette semaine, on craque pour: JOBS, Franz Ferdinand, Orange is the New Black…
Cette semaine, on craque pour… Le nouveau Franz Ferdinand, Cate Blanchett dans Blue Jasmine, Orange is the New Black, jOBS, Julia Holter, La vie parfaite et la cinquième saison des Parent.
1. Le nouveau Franz Ferdinand
On se souvient encore du choc magnifique créé par l’arrivée de l’album éponyme en 2004. Mais depuis la parution du tout aussi magnifique You Could Have It So Much Better, Franz Ferdinand ne nous a rien donné de «si mieux que ça». Certes, il y a eu le nocturne Tonight, et ses délires d’électro. C’était bien. Correct. Mais après? Silence. À Osheaga, en 2012, le frontman extraordinaire Alex Kapranos semblait épuisé. Plus tard, il a même avoué avoir pensé dissoudre le groupe. Ç’aurait été bête. Vraiment. Parce qu’il n’aurait pas eu de Right Thoughts, Right Words, Right Action. Une offrande sur laquelle on renoue avec le Franz qu’on adore, waouh. Bon, d’accord, on reste perplexe en entendant certaines métaphores étranges, comme celle où il est question de fraises (hm?), mais Alex et sa bande gagnent en mélodie ce qu’ils perdent parfois en texte. Pas convaincus? Si, si, tendez l’oreille… Vous entendez? La flamme est revenue. (Natalia Wysocka)
2. Cate Blanchett dans Blue Jasmine
Blue Jasmine, en salle dès vendredi, se classe certainement parmi ce que Woody Allen a fait de mieux depuis Match Point. Cette comédie dramatique troublante nous habite longtemps après qu’on a quitté la salle de cinéma. Et c’est en grande partie grâce à l’immense talent de Cate Blanchett. Celle-ci joue la Jasmine du titre, l’ancienne riche épouse cocue d’un escroc à la Vincent Lacroix (Alec Baldwin) arrêté pour fraude. Jasmine se réfugie chez sa sœur moins nantie après avoir sombré dans la dépression. Conférant tour à tour à son personnage un aspect touchant, détestable, fragile, manipulateur et naïf, la sublime Blanchett est surtout absolument magistrale dans ce rôle qui semble la destiner à un Oscar d’interprétation. (Jessica Émond-Ferrat)
3. Orange is the New Black
Piper, ou plutôt Chapman, son nom de prison, est une bobo égocentrique qui se retrouve loin de son monde confortable. Elle est détestable, mais elle ne sert vraiment que de porte d’entrée dans le milieu carcéral américain. Orange, disponible en exclusivité sur Netflix, a créé bien des remous depuis sa sortie. Et pour cause! La série se distingue par ses personnages diversifiés, tout en évitant les clichés. Les détenues sont des femmes noires, latinas, hétéros, homosexuelles, transgenres, mères, ménopausées, pauvres… Elles ont toutes leurs préoccupations et leurs rêves, et il est fascinant d’en apprendre plus sur chacune d’elles. On passe du rire aux larmes à tout bout de champ, et les suspenses sont si prenants qu’on se surprend à écouter les 13 épisodes en moins de 3 jours.
(Josie Desmarais)
4. JOBS
Film imparfait pour héros imparfait, ce biopic réalisé par Joshua Michael Stern captive, malgré les petits abus de violons et la démarche légèrement caricaturale d’Ashton K. Avec une grande tendresse pour son sujet, mais sans complaisance, Stern nous présente cet homme ambitieux, difficile, visionnaire. Le tout sans camoufler ses défauts, exposant même au grand jour les petites combines auxquelles Jobs s’adonnait, sans gêne aucune, parfois derrière le dos de ses collaborateurs, parfois devant, rappelant aussi le traitement d’une folle cruauté qu’il pouvait réserver à ceux qui tentaient de s’approcher de lui, par amour, par amitié ou par vil intérêt. Certaines scènes frappent droit dans le mille, notamment celle où le génie et ses amis se tapent un trip d’acide au milieu d’un champ de blé. Ça aurait facilement pu être désastreusement cucul. Ça ne l’est pas. Pas plus que le discours final. «Here’s to the crazy ones. The misfits. The rebels…» Mais il faut dire que l’histoire de Steve Jobs, la vraie, est de celle dont on fait les films. (Natalia Wysocka)
5. Julia Holter
Avec sa voix aérienne, ses ambiances féeriques et ses sonorités doucement atypiques, Julia Holter semble réellement venir d’une autre planète. Une belle planète. Elle vient plutôt de Los Angeles, ce qui est quand même pas si mal, et avec Loud City Song, elle confirme qu’elle possède définitivement une signature, un style et tout plein d’idées. Car avec ce troisième album au titre joliment poétique, paru la semaine dernière sous étiquette Domino, la jeune femme propose un petit bijou de classe et d’étrangeté, entre classique et pop atmosphérique. Entourée, ou plutôt enveloppée par ses musiciens, trombone, contrebasse, violon, violoncelle et chœurs atmosphériques, Julia crée tout un univers, le sien, dans lequel on se réfugie comme dans un cocon. (Natalia Wysocka)
6. La vie parfaite
On l’attendait avec impatience, cette comédie des créateurs de Mirador, qui sera à l’antenne de Radio-Canada le mercredi à 21 h 30 dès le 11 septembre. Et comme de fait, après que les deux premiers épisodes ont été projetés aux médias hier, les mésaventures de cette attachante famille recomposée pleine de défauts ont immédiatement retenu notre intérêt. Catherine Trudeau et Steve Laplante forment le couple à la tête de la smala, et les scénaristes ont su éviter les trop gros clichés en composant les personnages, et, jusqu’à présent, ont concocté des situations loufoques (un exemple parmi tant d’autres : le couple détestable joué par Rémy Girard et Marie Turgeon, qui vient d’adopter une petite Haïtienne, repart par mégarde avec le garçon du voisin, un petit Noir qu’ils confondent avec leur propre enfant…). De bons acteurs, de bons textes et une série qu’on continuera de suivre. (Jessica Émond-Ferrat)
7. La cinquième saison des Parent
On retrouve pour une cinquième saison, désormais en DVD, la très divertissante famille Parent, dont les parents sont interprétés par Anne Dorval et Daniel Brière, et les trois fils par de jeunes comédiens dont l’exécution est de plus en plus solide. Au fil des ans, les acteurs ont développé une grande chimie qui rend leurs bonheurs et mésaventures d’autant plus crédibles. On met une fois de plus en évidence les particularités d’être parent en ce début de siècle où le téléphone cellulaire et Facebook changent la donne des relations interpersonnelles… particulièrement avec des adolescents en puissance! Fidèle à son style soft qui fait plus sourire qu’il ne choque, Les Parent offre un bon divertissement. (Daphnée Hacker-B.)
On se désole pour…
Les films de chevaux
Jappeloup, un film mettant en vedette un cavalier et son cheval, sort au Québec la semaine prochaine. Attention, le commentaire qui suit est gratuit et n’engage que moi : les films de chevaux m’exaspèrent! Et pourtant, j’adore les chevaux. D’abord, dans les films de chevaux, il n’y a pas l’effet mignon ou humoristique qu’un animal comme le chat, le chien ou le panda peut provoquer sur un certain type de spectateur. Un cheval, c’est majestueux, mais jamais il ne vous soutirera un «aaaaaahhhhh» attendri et il ne vous fera pas rire aux éclats s’il s’enfarge dans un obstacle. En plus, c’est soporifique! Les scénarios se ressemblent trop souvent ou sont simplement inintéressants. Pensez à Seabiscuit, Secretariat, Hidalgo ou Black Beauty. En plus, on sait toujours comment ça finit. Le protagoniste humain et le cheval sont inséparables après avoir vécu une dure épreuve qui a failli anéantir l’un ou l’autre. «Zzzzzzzzzzz.» (Rachelle Mc Duff)