Kings of Leon: les «rois» remontent en selle
Kings of Leon est de retour avec Mechanical Bull, son sixième opus, et offrira un concert gratuit mardi soir sur la place des Festivals, à Montréal.
Quand les Kings of Leon étaient au sommet de leur gloire, même les plus prudes chantaient Sex On Fire. Ils incarnaient alors le rock’n’roll : un quatrième album multi-platine, Only By the Night, en 2008, des mannequins de lingerie dans leur entourage et des rumeurs d’excès qui avaient des airs de liste d’épicerie pour la pharmacie.
Leur méga-tournée de 2011 aurait dû consacrer les frères Followill – Caleb, Jared et Nathan – et leur cousin Matthew comme famille royale du rock sudiste. Mais celle-ci s’est plutôt terminée sur un régicide, quand le leader du groupe, Caleb, a abdiqué en plein milieu d’un spectacle à Dallas : «Je m’en vais en coulisse et je vais vomir, je vais boire une bière, revenir ici et chanter trois autres chansons.» Il n’est jamais revenu : la tournée était finie.
Mais après deux ans de pause, les «rois» sont de retour pour réclamer leur trône. Le groupe basé à Nashville lançait mardi dernier son sixième album, Mechanical Bull, un retour aux sources dépouillé et franc, avec des pièces racontant des histoires de manière lyrique, comme c’était le cas sur les premiers albums. «Nous avons fourni un effort conscient pour injecter un peu plus d’énergie à ce disque qu’aux précédents», dit le bassiste Jared. Le musicien revient sur la jeunesse du groupe avec Métro.
Votre album s’appelle Mechanical Bull. Vous avez déjà chevauché un taureau mécanique?
Quelques fois. Une fois à une fête à Coachella, où je suis certain que j’ai été le seul à l’avoir fait de la bonne manière – avec une main en l’air. Tout le reste des gens s’accrochait à deux mains avant de dire : «Mec, c’est trop facile. Je suis resté là-haut un bon 30 secondes.» Et je pensais : «Parce que tu as triché…»
Vous aviez une bière à la main?
Ouaip. Et une tequila dans la bouche.
Vous êtes connu pour avoir un faible pour la bouteille. Vous avez le vin joyeux ou agressif?
Personne ne sait quand je suis saoul. Je peux boire beaucoup sans que ça affecte mon élocution, encore moins que je perde l’équilibre ou quelque chose du genre. Il paraît que j’ai tenu des conversations d’une bonne demi-heure avec des gens à des fêtes, dont je ne me souviens pourtant absolument pas. Et eux n’en reviennent pas parce qu’ils sont sûrs que j’étais sobre. C’est bizarre, je devrais peut-être consulter pour ça…
L’hédonisme de vos jeunes années était-il une forme de rébellion contre votre éducation très religieuse?
Probablement pas de façon consciente, mais j’étais très certainement comme un animal qu’on avait libéré de sa cage. Je crois que chacune des personnes que je connais qui ont grandi dans l’Église pentecôtiste unie, quand elle en sort un jour, devient folle pendant au moins quelques années. Ils ont des coupes de cheveux ridicules; les filles s’habillent de façon terriblement inappropriée…
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Votre amour de la musique rock forme un contraste assez marqué avec la musique d’église. Ça faisait partie de votre «évasion»?
Oui, de la même manière que l’hédonisme faisait partie de la rébellion : ce n’était pas particulièrement conscient, mais peut-être que la musique rock sonnait rebelle à nos oreilles parce qu’on n’avait rien le droit d’écouter en grandissant. Nos parents écoutaient de la musique des années 1950 et 1960, parce que les thèmes abordés étaient assez édulcorés. Mais je me souviens avoir entendu des extraits de la musique de Nirvana chez des amis, ou encore, quand j’étais en cinquième ou sixième année, d’avoir entendu Oasis ou même Bush et de m’être dit : «Putain, c’est génial.»
Si vous n’aviez pas vécu cette crise en 2011, auriez-vous poursuivi dans cette voie hédoniste ou aviez-vous besoin que ça se termine?
Je pense qu’à ce stade, on n’était même plus dans l’hédonisme. J’ai l’impression qu’on ne faisait que boire. Quand les gens parlent de ces années, ils pensent qu’on se droguait constamment, mais ce n’est pas du tout le cas. Évidemment, on a fumé de l’herbe et tout, mais pas tant que ça. Et en 2011, on buvait beaucoup, mais je ne crois pas que l’alcool ait causé la crise. Cela dit, je me souviens avoir essayé l’acide une fois, à une fête après un spectacle de U2 qui s’est terminé en bal masqué; ç’a été l’expérience la plus terrifiante de ma vie. Les masques se sont mis à devenir des monstres; on s’est dit : «C’était la pire idée du monde.» Je ne pense pas que je reprendrai de l’acide un jour. Ça m’avait tellement traumatisé que j’ai songé un instant à me repentir, à retourner à l’église et à quitter le groupe.
Les frères se disputent toujours. Quel est celui qui cause le plus de chicanes?
On n’a jamais vraiment eu de vraie dispute, ça se calme tout le temps avant. Un petit coup de poing ici, un autre petit coup là. Quelques verres lancés contre le mur, des guitares brisées… Mais il faut comprendre que nous sommes quatre personnes partageant la même pièce pendant 12 ans en ligne. On ne s’est jamais poignardés ou quoi que ce soit. Je pense qu’on a bien géré ça.
Mechanical Bull
Présentement en magasin
Kings of Leon
Sur la place des Festivals
Mardi de 18 h 30 à 19 h 15