Une autre vie pour Dracula
Le créateur de la série télé Dracula, Cole Haddon, explique comment il a redonné vie au célèbre vampire.
Le bédéiste et scénariste Cole Haddon fait sa première incursion sur une grande chaine télé avec Dracula, où il revisite le personnage mythique de Bram Stoker. Dans la série, le suceur de sang, joué par Jonathan Rhys Meyers, est opposé à une riche et puissance société religieuse dans le Londres victorien du 19e siècle. Métro s’est entretenu avec le créateur.
Comment arrive-t-on à faire du neuf avec un personnage aussi vieux que Dracula?
L’idée, c’est toujours de trouver un thème pertinent. Je crois que c’est ce qui fait souvent défaut dans certaines adaptations. Ça ne sert à rien de revisiter de vieilles histoires connues si on est incapable de les coller à notre époque, au monde dans lequel on vit. C’est ce qui m’importe : trouver un thème et voir comment il peut être en opposition ou faire écho avec le monde moderne.
L’un des thèmes majeurs de la série est l’opposition entre la science et la foi. Un sujet encore pertinent de nos jours.
Un des défis avec le personnage de Dracula, c’est qu’il est un monstre avec des pouvoirs surnaturels. Or, je n’ai pas beaucoup la foi. L’idée de m’aventurer dans un monde surnaturel n’était pas très intéressante à mes yeux. Toutefois, le fait qu’un être damné possédant des supers pouvoirs soit confronté à une organisation qui s’est bâtie sur des principes fondamentalistes et qui a des idées extrémistes pour imposer sa religion était très intéressant. Dans la série, Dracula souhaite amener la science moderne à la société victorienne. Ce conflit entre la science et la foi existe toujours aujourd’hui, particulièrement aux États-Unis. Le conservatisme est encore très fort dans ce monde. La religion a absorbé le capitalisme pour opprimer la masse.
Quand vous présentez un projet traitant d’un sujet aussi sensible à une station, tentez-vous d’en dire le moins possible?
C’est drôle à dire, mais c’est la NBC qui en demandait davantage chaque fois que j’en glissais un mot. Je n’ai jamais senti de censure de leur part sur ce sujet. Après le montage, bien que quelques bouts aient été coupés pour des raisons de vertu ou simplement de compréhension, il ne fait aucun doute que les méchants dans l’histoire sont les fondamentalistes. Ils avaient des idées très arrêtées sur ce que devait être le 20e siècle et il appert que je m’oppose à toutes ces idées!
Ç’a été difficile de faire en sorte que le public se range du côté de Dracula?
J’ai hésité au départ. Après tout, dans le roman, Dracula est un méchant qui ne possède absolument rien pour qu’on s’attache à lui. C’est un monstre. C’est pourquoi il fallait que je replonge dans son passé, pour en faire un personnage auquel on peut s’identifier.
Quand vous écrivez un série d’horreur pour un grande chaine, quel est votre niveau d’autocensure?
Chaque fois que je me censurais, on me disait que je n’allais pas assez loin. C’est ce qui est ironique avec la télévision de nos jours : alors qu’on ne peut plus montrer autant de peau qu’on le faisait en 1994, à l’époque de NYPD Blue par exemple, la limite en ce qui a trait à la violence va beaucoup plus loin. Quand on parle de gore, on peut presque faire tout ce qu’on désire.
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Dracula
Sur NBC et Global
Les vendredis à 22 h dès vendredi