Critiques CD: Fauve, Black Atlass, Sean Paul…
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Fauve, Black Atlass, Sean Paul, Anthony Joseph, BossaCucaNova et Roch Voisine.
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++++++ Fauve ≠ Vieux frères – partie 1 Note: |
Au début, on avait un peu peur. Parce que la hype immense. Parce que toute cette histoire de ne pas dévoiler les visages et les noms des membres du groupe. Puis est venue la claque du disque. Pow. Depuis les premiers instants jusqu’aux derniers. Un souffle qui traverse l’album, un souffle qu’on ne reprend pas. Ce déferlement de paroles. C’est cru, c’est à vif. Comme dans Requin-tigre, où le narrateur se met à «déconner complètement». Ouaip, ce Fauve-plus-ou-moins, collectif parisien qui divise l’opinion, nous a retournée à l’envers. Certes, placer un flow plein de rage sur un loop de violon triste, comme c’est le cas dans la pièce-coup-de-poing Voyous, ça peut sembler facile. Mais c’est simplement… beau. Beau Fauve ≠.
– Natalia Wysocka
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Charnel ténébreux Black Atlass Young Bloods Note: |
C’est sombre, il y a de l’écho, des crépitements… Une voix basse souffle, les rythmes sont lents, les graves se distordent et s’étirent langoureusement. Blossom, le premier extrait de Young Bloods, affecte l’auditeur par son côté sexy, lourd et tout de même léché. Black Atlass, un artiste de 19 ans (!) né à Montréal, signe son deuxième EP. Difficile à mettre dans une catégorie définie, l’album recueille un mélange d’électro sombre et de R’n’B, qui n’est pas loin des racines du trip-hop. Des arrangements se dégage une atmosphère sensuelle et mature. Le rappeur XXX vient faire deux apparitions dans l’album, peut-être le point faible pour les moins familiers du genre.
– Josie Desmarais
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Mutation timide Sean Paul Full Frequency Note: |
Avec son sixième album, le chanteur jamaïcain avait promis d’essayer de sortir du dancehall digital pour explorer d’autres styles. Si on salue l’effort de sortir de sa zone de confort (musicale et financière!), on n’entend le changement que dans le premier quart de l’album, avec l’excellent Riot, un style dubstep-reggae avec Damian Marley, ou encore Entertainment 2.0, un rap très gangster avec Juici J. Pour le reste, c’est du Sean Paul classique, beaucoup de «come on, baby girl», des rythmes entraînants… et ça marche! Les collaborations sont judicieusement choisies, notamment la chanteuse Nyla, qui se lance à corps perdu dans Pornstar, dont les paroles ne sont pas pour toutes les oreilles.
– Daphnée Hacker-B.
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Mots d’esprit Anthony Joseph Time Note: |
Time met en relief toute la plénitude de la voix d’Anthony Joseph. Sur ce quatrième album, le premier du poète trinidadien sans son psychédélique Spasm Band, Joseph fait équipe avec la musicienne Meshell Ndegeocello et enrobe son spoken-word surréaliste d’ambiances funk, dub-reggae et caribéennes. Ses textes, quand ils ne font pas rêver à un monde où les étoiles tombent des cieux et où l’homme danse avec les dieux, rappellent le «bluesologiste» américain Gil Scott-Heron par le regard sans fard, mais imprégné de sagesse, qu’ils portent sur les problèmes sociaux. La pièce Girl with a Grenade, hommage à la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai, en fait foi de brillante manière.
– Maxime Huard
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Que golazo! BossaCucaNova Our Kind of Bossa Note: |
S’il y a une chose dont votre équipe Métro est certaine, c’est que le pied risque d’être un élément crucial au prochain Mondial de soccer. D’où l’importance, nous en convenons, de se lever sur le bon. Le groupe brésilien BossaCucaNova, qui amènerait l’ambiance jusque dans un CHSLD près de chez vous si vous lui en laissiez la chance, s’en chargera. Ces joyeux avant-gardistes d’une bossa nova made in XXIe siècle sont un carnaval à eux seuls : il y a là du soleil, des sourires, des ébats et des excès, le tout rythmé par des sons tropicaux qui dessinent des cartes postales au creux des oreilles.
– Sébastien Tanguay
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Médaille de bronze Roch Voisine My Very Best Note: |
Sorti au tout début des Jeux olympiques, My Very Best compile de nombreux succès anglophones du chanteur acadien ainsi que quatre nouveautés dont la populaire chanson Living out my Dreams ainsi que sa version française Pour l’honneur, l’hymne officiel de l’équipe canadienne à Sotchi. Ce 24e album au son pop rock devrait se tailler une bonne place dans les palmarès grâce à des vers d’oreille tels que Shed a Light, Am I Wrong, By Myself et la fameuse I’ll Always Be There sortie en 1993. Nous nous désolons toutefois de l’étrange et pas très réussie interprétation de Under the Bridge des Red Hot Chili Peppers qu’il fait en duo avec Carlos Santana…
– Rachelle Mc Duff





